Un taux très bas d’absentéisme peut être inquiétant

D. Monneuse Entreprise et Carrières, 2013, n°1159, pp. 28-29
Si l’absentéisme est un indicateur de risques psychosociaux, que faut il penser du surprésentéisme ?
Le surprésentéisme correspond au comportement de certaines personnes qui sont au travail alors que leur état de santé nécessiterait un repos au domicile.
Si le surprésentéisme touche tout le monde, les patrons d’entreprise et les cadres sont les plus concernés à côté des salariés précaires, des métiers rémunérés à la commission, des commerciaux ou des salariés des secteurs lourdement touchés par le chômage.
La cause en est une pression sociale : celle que les salariés se mettent eux-mêmes (dans l’objectif de ne pas léser les clients ou de ne pas imposer aux collègues une surcharge de travail) ou celle exercée par les collègues (qui en cas de maladie sans symptômes visibles pourraient penser à des arrêts abusifs).
Les DRH s’ils sont conscients du surprésentéisme en font un sujet tabou ; ils craignent d’aborder le sujet craignant que les représentants du personnel ne "s’en emparent pour dénoncer les conditions de travail.... Le seul moment où les responsables RH abordent le sujet, c’est en cas d’épidémies comme celles que l’on a connues avec le H5N1 ou le SRAS".
Il semble qu’il faille s’inquiéter du surprésentéisme non seulement parce qu’il peut augmenter le risque de contagion mais aussi parce qu’il représente à long terme "un facteur de risques psychosociaux, de dépressions ou bien qu’il puisse déclencher des maladies plus importantes et augmenter les risques d’arrêts cardiaques par exemple".
Un salarié malade qui vient travailler est davantage irascible, moins patient, ce qui dégrade les relations interpersonnelles et augmente les risques d’erreurs. Mieux vaut parfois quelques jours d’arrêt maladie !
Les entreprises doivent identifier les cas extrêmes et savoir renvoyer chez eux les collaborateurs qui ont besoin de se reposer ; les salariés y voient d’ailleurs une forme de reconnaissance.
(publié le 31 octobre 2013)