Violence à l’hôpital

G. Laurens Préventique, 2014, n°133, pp. 44-46
L’hôpital n’est plus un havre de paix et les agressions de soignants sont quotidiennes dans beaucoup de centres hospitaliers. L’Île-de-France compte 30% des signalements, devant la Basse-Normandie (6,3%) et le Nord-Pas-de-Calais (6,2%).
Les services les plus concernés sont la psychiatrie (25%), les urgences (14%), la gériatrie (10%) et la médecine (8%). Les coupables sont essentiellement les patients (78%), mais aussi les visiteurs et les proches (13%).
Le sentiment général est que la recrudescence de ces violences est liée à plus de précarité, de souffrance, de dislocation des liens sociaux ou familiaux, mais aussi à l’insuffisance des moyens en termes de personnel et de capacité d’accueil, tandis que se cristallisent vers l’hôpital "les formes aiguës des maux de la société : intolérance à la frustration, impunité pour l’incivisme, banalisation médiatique de la violence, toxicomanie, individualisme, susceptibilité communautaire..."
Devant ces situations, les soignants se sentent démunis.
Des formations innovantes ont été conçues pour faire face, d’abord destinées aux soignants en psychiatrie et bâties sur le fait que la violence du patient est un symptôme de sa maladie, que la prise en charge de la violence est un acte de soins comme les autres et que doit être respectée l’éthique dans la gestion de la violence.
La typologie des risques doit être identifiée et les bonnes pratiques connues telles que : savoir désamorcer le potentiel agressif et accéder à l’entendement du patient, avoir de l’empathie et se rendre disponible quand on sent la menace.
Il faut savoir repérer les signes avant-coureurs pour pouvoir intervenir le plus en amont possible.
Le soignant veillera à sa sécurité en adoptant une tenue adaptée et en s’auto-protégeant : se rapprochera d’une issue, pourra prévoir des moyens de parade pour faire obstacle, et les moyens utilisés seront fonction de l’importance de l’agression. Le soignant reste un citoyen qui a droit à la légitime défense si elle est immédiate et proportionnée.
Les mesures vont de l’évitement à la contention. En présence d’une arme, il n’est d’autre solution que d’obtempérer.
Au total, une prévention réussie se conclut en apportant une réponse qui satisfait l’agresseur ; ce qui n’est en aucune façon, un renoncement.
(publié le 26 mars 2014)