Violence et détresse psychologique chez des officiers de police et des agents de sécurité

Violence and psychological distress among police officers and security guards T.M. Leino, R. Selin, H. Summala, M. Virtanen Occupational Medicine 2011, vol 61, n°6, pages 400-406. Bibliographie.

Les officiers de police et les agents de sécurité sont plus exposés à la violence au cours de leurs tâches professionnelles que la main d’œuvre générale et ceci peut altérer leur santé psychologique. Néanmoins la recherche sur les formes spécifiques de violence et une passerelle potentielle par laquelle la violence pourrait entraîner un stress négatif se fait rare.

Le but de cette enquête finlandaise était de rechercher l’association de deux formes de violence avec la détresse psychologique chez des officiers de police et des agents de sécurité et si oui ou non l’appréhension personnelle de futures violences modifie cette association.

La violence était définie comme des actes physiquement violents et des menaces ou des agressions avec une arme mortelle. Les symptômes de détresse psychologique ont été mesurés au moyen du Questionnaire Général de Santé à 12 items (GHQ12). Les analyses de 1 993 réponses complétées (taux de réponse de 58 %) ont montré que les odds ratios de détresse pour les « actes physiquement violents » étaient de 1,67 (IC 95% 1,11 à 2,51) et pour les « menaces ou agressions avec une arme mortelle » de 1,62 (IC 95% 1,20 à 2,17). Lorsque l’appréhension personnelle au sujet de futures violences était prise en compte, l’association entre l’exposition aux actes physiquement violents et la détresse psychologique était complètement cassée. A l’inverse, avec le même ajustement, l’association entre l’exposition aux menaces ou agressions avec une arme mortelle et la détresse tenait. Les résultats indiquent que l’association entre les actes physiquement violents et le stress est modifiée par l’appréhension personnelle de violences futures, tandis que les menaces ou agressions avec une arme mortelle ont une association plus forte et indépendante avec la détresse psychologique.

Les auteurs concluent qu’il y a une association entre la violence et la détresse psychologique. L’appréhension personnelle de futures violences modifie cette association.

(publié le 12 avril 2012)