Apports d’une consultation de pathologie professionnelle dans la prise en charge des risques "dits" psychosociaux

Q. Durand-Moreau, J-D. Dewitte Références en Santé au Travail, 2016, n°148, pp. 73-80. Bibliographie
Dans la plupart des 31 centres de consultation de pathologie professionnelle (CPPE), existent des consultations de psychopathologie professionnelle appelées parfois consultations de "souffrance au travail".
Leur mode de fonctionnement est variable selon l’organisation et les auteurs proposent de s’intéresser à la consultation du CHU de Brest qui dure 1h et qui se déroule en quatre temps : descriptif des antécédents, descriptif de l’intégralité du parcours scolaire, universitaire et professionnel, descriptif de l’activité du patient à son poste de travail, mise en perspective de l’activité du patient avec d’éventuelles problématiques de santé psychique.
"Le principe est d’amener le patient-salarié à s’exprimer en éléments localisables dans le temps et l’espace dans le but d’instruite le lien santé-travail". L’objectif est de se détacher des discours généraux et de se focaliser sur les événements saillants rapportés par le sujet. Pendant la consultation, point de questionnaire, ni d’étude des très nombreux documents apportés par le salarié et justifiant à ses yeux le comportement maltraitant de l’employeur. Cette manière de faire permet d’investiguer l’activité au-delà de la seule dimension intersubjective.
Ces consultations sont généralement demandées par le médecin du travail qui souhaite étayer ou conforter sa décision d’aptitude (ou d’inaptitude) car il peut craindre d’être débordé par son affectivité face à des salariés qu’il connaît bien. Un deuxième regard sur la situation du salarié peut être une bonne opportunité.
Enfin, chaque consultation fait l’objet d’un codage qui permet d’alimenter le Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (RNV3P). Cette mise en commun des connaissances de tous les CCPE offre la possibilité d’études d’envergure. C’est aussi l’occasion de faire de la vigilance en matière de maladies professionnelles émergentes.
Les auteurs estiment que cette consultation n’est pas toujours indispensable, car dans certains cas, certains médecins bien formés sur les questions de psychopathologie professionnelle se révèlent parfois mieux à même d’investiguer le travail que les praticiens des CPPE lors d’une consultation d’une heure.
(publié le 7 mars 2017)