Coronavirus Stress et confinement :
un glissement des conduites addictives

C. Proust Le Généraliste, 2020, n°2907

Ce chapitre est inclus dans un dossier plus large intitulé "Coronavirus stress et confinement". Il traite de la situation des personnes soufrant d’addiction.

Si tout a été fait pour éviter que les personnes souffrant d’addiction ne manquent pas de leurs substances habituelles (l’accès au tabac et à l’alcool a été maintenu), il ne faut pas pour autant les abandonner car l’enfermement crée une angoisse supplémentaire. Le sevrage brutal n’est pas une solution.

Si l’accueil physqiue a été restreint pour les personnes en soins, les consultations ont lieu dorénavant par téléphone et tout a été fait pour que les patients puissent avoir accès à leur traitement de substitution (même en cas de défaillance des modes de distribution habituels).

Mais au bout de trois semaines de confinement, les spécialistes s’alarment de glissements vers de nouvelles habitudes addictives.
Il devient plus difficile dans ces circonstances, de se procurer du cannabis qui est de surcroît, de piètre qualité.
Pour compenser, certains se tournent vers les jeux d’argent en ligne mais aussi vers l’alccol, parfois de façon massive.
La promotion des "apéros-Skype" n’est pas à encourager car les [«  deux petits verres du soir en plus  » peuvent aussi faire le lit de futures addictions chez des personnes qui n’en souffraient pas, «  doublement piégées par l’effet anxiolytique attribué à des produits de consommation courante et les habitudes culturelles  »].

(publié le 16 avril 2020)