Cyberharcèlement au travail
Plus qu’un vieux problème sous une nouvelle forme

I. Vranjes Prévent Focus, décembre 2018, pp. 4-7
Le cyberharcèlement au travail se caractérise par un comportement négatif relatif au contexte professionnel qui s’exprime par voie électronique (insultes, menaces, injures, mais aussi non réponse à des mails ou non partage des fichiers professionnels).
La différence avec le harcèlement traditionnel est que le cyberharcèlement est exécuté généralement sous couvert d’anonymat et qu’il est devenu accessible car il ne nécessite pas de compétences technologiques avancées.
Il est à distinguer de la cyberincivilité (comportement impoli en ligne), du flaming (expression négative ou agressive envers un internaute) ou du trolling (provocation d’autres internautes pour le plaisir avec des déclarations ou des remarques controversées), sans que dans ces deux dernières situations, les protagonistes ne se connaissent.
Le cyberharcèlement touche environ 3% des employés en Belgique. Il est souvent réciproque : les harceleurs ayant déjà été harcelés et vice-versa.
Les causes de ce cyberharcèlement professionnel sont à rechercher dans l’environnement de travail (pression trop élevée, tâches conflictuelles ou imprécises, manager trop autoritaire, conflits entre collègues, mauvaise ambiance au travail, insécurité de l’emploi, modifications organisationnelles sans réelle communication).
De cette situation, naissent des émotions négatives qu’il est plus facile d’exprimer en ligne qu’en face-à-face. Les hommes seraient plus adeptes de ce comportement agressif en ligne que les femmes.
Le cyberharcèlement est très délétère pour les personnes qui en sont victimes : perte de motivation et insatisfaction au travail, absentéisme, diminution de la productivité.
La prévention repose sur un environnement de travail sain qui suppose évaluation des facteurs de risques et état des lieux, information des salariés sur les éventuelles sanctions face à ces agissements, levée de l’anonymat et formation du personnel à la résolution des conflits.
Si des faits se produisent, il faut une intervention rapide du manager et l’auteur doit être confronté immédiatement à son comportement.
L’utilisation abusive de données personnelles tombe sous le coup de la loi.
Attention à ce que le cyberharcèlement ne prenne de l’ampleur dès lors que tout le monde sera à l’aise avec les nouvelles technologies !
(publié le 6 mars 2019)