D’où vient le syndrome de l’imposteur ?

M. Navarre Sciences Humaines, 2020, n°330, pp. 46-4. Sources

"Le syndrome de l’imposteur donne à celui qui le vit, le sentiment de ne pas mériter la place qu’il occupe" Il pense qu’on le surestime et craint d’être démasqué ; il se réfugie dans un travail acharné et risque le "burnout" ou se décourage et sombre dans la procastination.

Certains profils semblent plus à même de développer ce syndrome : ceux qui doivent se confronter à des personnes jugées talentueuses, ceux qui connaissent le succès très jeunes avec le sentiment ne pas mériter leur place, les ainés de fratries, poussés à réussir et qui estiment n’avoir aucun mérite eu égard au soutien dont ils ont bénéficié, les groupes sociaux victimes de discrimination ... , ceux ayant eu des ego malmenés.

Longtemps considéré comme un syndrome touchant préférentiellement les femmes, les études récentes montrent que les hommes sont tout autant concernés et qu’ils manifesteraient les mêmes symptômes que les femmes. Si ces dernières vont chercher un soutien ou une aide plus facilement, les hommes se tournent plutôt vers les conduites addictives, notamment la consommation d’alcool.

Ce syndrome de l’imposteur ne figure pas parmi les troubles mentaux recensés par le DSM, qui fait autorité en psychologie et psychiatrie. Les psychologues préfèrent parler d’une expérience temporaire qui se résout souvent par soi-même, en apprenant à s’aimer tel que l’on est, c’est à dire "à s’apprécier sans condition, en se montrant moins perfectionniste et plus indulgent avec ses erreurs ".
L’entourage peut jouer un rôle essentiel en rassurant sur sa propre valeur.

(publié le 24 mars 2021)