Droit à la déconnexion nécessaire, mais pas suffisant

R. Le Saint Liaisons Sociales magazine, 2017, n°281, pp. 26-27

Les nouvelles méthodes de travail (délocalisation, nomadisme...) encouragent l’usage des outils de communication ; il en ressort pléthore de courriels qui déclenchent une surcharge de travail. Avec les mails, tout devient urgent, confondu avec important. Cette surcharge informationnelle est néfaste car elle empiète sur les autres temps de travail.
Le droit à la déconnexion consiste à ne pas répondre à ses courriels, aux appels et messages reçus en dehors des heures habituelles de travail, mais gare au "fomo" [(fear of missing out), c’est à dire à la peur permanente de rater quelque chose], qui en guette quelques uns. Il reste maintenant à rendre effectif ce droit à la déconnexion. Les freins existent :

  • scrupules à se débrancher du travail,
  • activité internationale ou continue de l’entreprise,
  • déconnexion hors du temps de travail culturellement mal vécue ...

Des suggestions ont été proposées :

  • smartphone éteint en réunion, afin d’être présent à 100% sur les sujets traités, ce qui fait gagner du temps à tout le monde,
  • recours à des temps collectifs "en physique" sans accès aux outils numériques,
  • pop-up d’alerte qui s’ouvrirait lors de l’envoi d’un mail à partir d’une certaine heure,
  • réduction de l’envoi de "copies" souvent inutiles , qui surchargent les messageries,
  • réflexion sur un usage modéré des mails,
  • pratique d’un bilan personnel de son usage du numérique pour s’interroger sur les points à améliorer.
(publié le 6 juin 2017)