Epuisement professionnel : fiche conseil d’orientation et de prise en charge pour le médecin du travail

C. Duret Références en Santé au Travail, 2018, n°156, pp.57-64

Il est difficile pour les services de santé au travail de prendre en charge l’épuisement professionnel en l’absence de recommandations.
Un médecin du travail exerçant en consultation de pathologie professionnelle a mis au point une fiche qui est le résultat d’une analyse bibliographique et du recueil d’expériences réalisées par lui même au sein des services de santé au travail et en consultation de pathologie professionnelle.
Cet outil a pour objectif de proposer une marche à suivre dans la prise en charge de l’épuisement professionnel.
Il est structuré autour de deux grand axes : les différences étapes de la première consultation et la trame de prise en charge par le médecin du travail sur le moyen terme.

La première consultation suppose trois étapes :

  • le diagnostic syndromique selon quatre axes : état clinique, histoire de la maladie, contexte professionnel et diagnostics différentiels,
  • l’évaluation de la gravité et l’orientation pour une prise en charge,
  • la synthèse en fin de consultation des informations collectées.

Un réseau de soins doit se créer autour du travailleur-patient (médecin traitant et intervenants médico-sociaux).
"La consultation de pathologie professionnelle peut servir de support diagnostique mais aussi d’assistance à l’orientation d’une prise en charge en réseau".

Si l’arrêt de travail se prolonge au-delà d’un mois, il faut favoriser les visites de pré-reprise avec l’objectif d’envisager le retour au travail (contacts avec les collègues et la hiérarchie, adaptation des conditions de travail).

A la reprise du travail, de nombreux salariés se sont montrés demandeurs d’un suivi individualisé.
Il pourra leur être proposé un suivi sur un an avec 5 visites qui seront d’espacement progressif à 1-2-3-6 et 12 mois après la première consultation et qui permettront de faire un point sur :

  • l’évolution de tableau clinique, les modalités de la prise en charge et les traitements,
  • le contexte environnemental personnel,
  • le suivi des caractéristiques du travail, des actions sur l’environnement collectif et le milieu de travail,
  • l’évolution du lien et du comportement individuel au travail.

Si l’évolution est favorable après 6 mois à un an de suivi, les consultations peuvent être suspendues mais ce retour à la normale doit être accompagné de l’information au salarié de la possibilité de consulter à sa demande en cas de rechute.

(publié le 8 février 2019)