Et la bienveillance, alors ?

L. Zohin Liaisons Sociales Magazine, 2020, n°216, pp. 27-29

Le management bienveillant semblait recueillir des adeptes ; mais c’était sans compter avec la pandémie qui a créé des tensions dans les entreprises, en raison de la nécessité d’accroître la productivité ou de mettre en place des plans de suppressions d’emploi.
Il ne faut pas se méprendre sur le terme bienveillance. L’auteur adopterait plutôt le terme de justesse, car bienveillance est souvent confondue avec gentillesse. Or la bienveillance doit aller de pair avec l’exigence.

Mais le management bienveillant prend du temps : écouter les collaborateurs, les gérer selon leur profil psychologique, les épauler quand la qualité du travail n’est pas au rendez-vous, établir un climat de confiance mutuelle. Les salariés veulent que leur travail ait du sens.
Mais la bienveillance n’enlève par la souffrance quand des décisions venues d’en haut obligent à licencier ou à fermer le site. Il faut alors communiquer largement avec les salariés et donner les informations nécessaires à la bonne compréhension des enjeux (ce qui montre l’intérêt que porte l’entreprise à ses collaborateurs) ; mais aussi les accompagner en matière de reclassements ou de formations.

Si la bienveillance n’est pas véritablement enseignée, elle est généralement intégrée dans l’entreprise dans un ensemble plus large : celui de la qualité de vie au travail ; et "elle prend sa source dans une philosophie plutôt que dans une technique de management." Il faut que la bienveillance commence par soi-même mais aussi qu’elle ait du sens pour l’individu qui la pratique ".
Traité avec bienveillance, un salarié sera beaucoup plus performant qu’un salarié sous stress. Si la bienveillance ne peut tout résoudre, "elle peut aider à aller dans la bonne direction".

(publié le 28 janvier 2021)