Evaluation du stress : remplacer le MSP 25 par une échelle analogique informatisée (EVA) ? Expérimentation en milieu industriel réalisée sur un échantillon de 1986 salariés d’une entreprise automobile entre le 1er avril 2016 et le 30 juillet 2016

P. Laurent, S. Fofana, H. Leloix, N. Brosset, I. Grotzinger Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2017, vol.78, n°5, pp. 437-441. Bibliographie
Cette étude propose d’évaluer la possibilité de remplacer le questionnaire MSP 25 (proposé systématiquement dans le cadre du suivi des salariés du groupe PSA) par l’échelle d’évaluation (EVA) pour mesurer le stress.
2000 questionnaires ont été colligés dont 1986 exploitables.
Un échantillon d’apprentissage a été extrait et la vérification des corrélations MSP25 et EVA a permis de considérer que le seuil de l’EVA à 61 était un choix idéal, et qu’on obtenait un bon couple sensibilité, spécificité et une très forte valeur prédictive négative à 97,9% contrairement à la valeur prédictive positive qui n’atteignait qu 29,9%. Globalement 83% des salariés sont bien classés avec l’EVA.
Pour ce qui est des salariés mal classés, une analyse par régression logistique met en évidence un effet âge, médecin et catégorie socioprofessionnelle, auxquels s’ajoutent des biais occasionnés par l’interface informatique utilisée et l’interprétation que chaque salarié fait du mot "stress".
Si l’EVA présente de nombreux atouts en santé au travail, cette échelle ne pourrait remplacer le questionnaire MSP25 dans la pratique actuelle mais elle pourrait être utilisée dans la pratique de santé au travail comme un outil de dépistage et le MSP25 viendrait en complément, dès que le seuil de l’EVA est dépassé.
(publié le 11 janvier 2018)