Facteurs professionnels en lien avec le suicide au sein des salariés affiliés à la Mutualité sociale agricole (MSA) et en activité entre 2007 et 2013

J. Klingelschmidt, J-F. Chastang, I. Khireddine-Medouni, L. Chérié-Chaline Revue d Epidémiologie et de Santé publique, 2019, https://doi.org/10.1016/j.respe.201...
Afin d’identifier les facteurs professionnels associés à la mortalité par suicide au sein des salariés et non-salariés appartenant à des secteurs d’activité en lien avec le monde agricole, une étude a été menée à partir des données de la MSA (régime de protection sociale obligatoire des salariés et non-salariés du monde agricole).
Seuls les suicides survenus en période d’activité ont été pris en compte dans l’analyse afin de ne pas impacter les résultats par des facteurs tiers, hors période d’emploi à la MSA.
Les variables professionnelles comprenaient le type d’activité, le statut (employé ou cadre), le type de contrat, le genre, l’âge, le département d’affiliation à la MSA et l’année d’affiliation.
L’étude a montré une augmentation du risque de suicide chez les hommes pour les secteurs " travaux forestiers", " cultures et élevages", "entreprises de travaux", "coopération" (qui concerne la vinification des vins, la collecte des céréales, le stockage et le conditionnement des produits agricoles, le traitement des viandes), le statut d’employé et le fait de travailler dans certaines régions : Bretagne, Bourgogne-Franche-Comté, Pays de la Loire, Normandie, Grand Est et Centre Val-de-Loire.
Une tendance à la diminution du risque a été mise en évidence après 2007 pour les deux genres.
Les analyses n’ont pas mis en évidence d’associations entre précarité de l’emploi et idées suicidaires.
Les atouts majeurs de cette étude sont le caractère exhaustif et la grande taille de la population étudiée très spécifique, et pour laquelle peu de travaux existent dans la littérature épidémiologique. De plus, les données de la MSA recueillies en routine permettent l’absence de biais de réponse. Par contre, les suicides ne sont pas toujours répertoriés dans les certificats de décès et les données ne permettent pas de définir les caractéristiques de l’emploi et des conditions de travail (notamment au regard des facteurs de risques psychosociaux), mais aussi les facteurs de risque classiques du suicide tels que les troubles psychiatriques.
(publié le 15 avril 2020)