Facteurs psychociaux au travail et conduite tabagique

M. Hajjaji, A. Kchaou, I. Sallemi, N. Kotti, L-L. Masmoudi ; K. Jmal-Hammami Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2018, vol.79, n°5, pp.646-652. Références
Une étude transversale par questionnaire a été menée auprès de 164 salariés d’une population d’employés tunisiens du secteur du bâtiment et des travaux publics, afin de rechercher une éventuelle association entre les facteurs psychosociaux au travail et les habitudes tabagiques.
Le questionnaire comportait quatre parties : les caractéristiques démographiques et socioprofessionnelles, les habitudes tabagiques, les motivations à l’arrêt du tabac et la mesure du stress au travail à l’aide du questionnaire de Karasek.
Sur les 164 salariés enquêtés, 55,7% étaient fumeurs et le tabagisme était très répandu dans la tranche d’âge des 26-31 ans.
Les salariés divorcés (1,7%) étaient tous fumeurs. Les agents mariés et célibataires l’étaient respectivement dans 48,9% et 49,4% des cas. Les salariés analphabètes (2,3%) étaient tous fumeurs.
Les participants dans leur majorité ( 73%) étaient des employés sur chantier qui travaillaient 45 heures pas semaine.
La cigarette était le mode le plus répandu de consommation du tabac et 59,5% étaient de gros fumeurs (plus de 20 cigarettes/jour).
Une faible motivation à l’arrêt était retrouvée chez 18,5% des agents, alors que 37% et 14,5% avaient respectivement une motivation moyenne ou élevée.
Le questionnaire de Karasek permettait de retrouver une forte demande psychologique dans 87,9 % des cas, une faible latitude décisionnelle dans 63,2% des cas et un manque de soutien social dans 60,9% des cas.
Les salariés en situation tendue (job strain), représentaient 55,2% des cas et ceux en situation tendue avec faible soutien social (iso strain), 33,9% des cas.
Dans l’étude, le comportement tabagique n’était pas statistiquement associé aux situations de job strain mais il était corrélé au travail en exode, au travail sur chantier et à la précarité d’emploi.
En fait, des conditions de travail dégradées et l’insécurité dans l’emploi sont des facteurs clés du comportement tabagique.
Il a été constaté que des niveaux élevés de stress au travail n’étaient pas associés à une augmentation du risque d’être gros fumeurs, ni un facteur prédictif d’une faible motivation au sevrage ou à la rechute tabagique.
(publié le 11 janvier 2019)