Gare aux risques psychosociaux

Liaisons sociales Magazine, 2021, n°219, pp. 12-15
Selon Santé Publique France, la prévalence des états dépressifs a plus que doublé en France entre fin septembre et fin novembre 2020 et les niveaux d’anxiété sont particulièrement élevés.
Sans forcement constater une recrudescence des dépressions, les DRH confirment chez les salariés une lassitude, une fatigue liée au contexte, source d’incertitude et d’anxiété.
"Si les causes du malaise ambiant viennent de l’extérieur, la crise sanitaire interroge les conditions de travail" : intensité et temps de travail, exigences émotionnelles, manque d’autonomie, rapports sociaux dégradés, conflits de valeurs, insécurité de la situation de travail sont les six facteurs identifiés par le sociologue Michel Gollac.
Certains salariés font comme si tout allait bien mais doivent déployer d’importantes ressources pour se maintenir alors qu’habituellement, ce sont les stratégies collectives qui se construisent.
L’isolement attaque le sentiment d’appartenance à l’entreprise et certaines sociétés font tout pour renouer le contact : diffusion de vidéos humoristiques pensées par les collaborateurs, invitation à reprendre langue avec des salariés perdus de vue pendant la crise, petits-déjeuners virtuels.
La pandémie selon Yves Clot, complique le dialogue autour du travail et c’est pourtant dans le vrai dialogue que l’on trouve les bons arbitrages.
Les entreprises ont la responsabilité de la santé des salariés mais dans un cadre (le domicile) qu’ils ne maîtrisent pas. Les managers sont invités à l’hypervigilance. Ils "doivent consacrer du temps aux autres, être altruistes et emphatiques, ouvrir la discussion et orienter vers les bons professionnels, dont les services de santé au travail. Certaines sociétés ont mis en place une hotline permettant de recevoir l’appui de psychologues, assistances sociales ou juristes.
(publié le 6 mai 2021)