Harcèlement au travail
Les chiffres sont-ils vraiment en hausse ?

J. Van Peteghem Prévent Focus, 2017, mars, pp. 21-23
Le prestataire de services Securex (belge) estime après interrogatoire de 1671 salariés représentatifs de la population active belge que 14% des travailleurs en 2016 auraient été victimes de harcèlement au cours des 12 mois précédant l’enquête, chiffres qui auraient augmenté d’un tiers en quelques années mais la hausse du nombre de dossiers de harcèlement déposés auprès des services externes de prévention n’est que de 10%. Cela revient à penser que les travailleurs confrontés à une situation de harcèlement ne déposent une plainte formelle ou informelle que dans des cas exceptionnels et que les cas sont loin d’être systématiquement soumis au conseiller en prévention des risques psychosociaux.
Quoi qu’il en soit, les personnes victimes de harcèlement ont un grand risque d’absentéisme, de turn-over ou de difficulté de maintien dans l’emploi jusqu’à l’âge de départ à la retraite.
Les cas seraient plus nombreux en Belgique francophone et dans les grandes entreprises où les relations sont souvent plus impersonnelles ; les secteurs les plus à risque étant l’horeca (hôtellerie, restauration et cafés) et les services (banques et assurances essentiellement).
Seraient en cause, l’accroissement de la contrainte psychosociale au travail, l’impact des évolutions récentes comme le télétravail et l’utilisation intensive des smartphones et des médias sociaux (qui isolent de plus en plus les travailleurs) et une plus grande sensibilisation aux risques psychosociaux des travailleurs et des managers. Ces situations ne se sont peut être pas aggravées depuis 2002, c’est probablement qu’elles ont été trop longtemps occultées.
(publié le 13 juillet 2017)