Impact cumulatif d’exigences professionnelles élevées, d’un faible contrôle du travail et d’une grande insécurité de l’emploi, sur la dépression et l’anxiété : une étude de cohorte prospective de salariés australiens
Cumulative impact of high job demands, low job control and high job insecurity on midlife depression and anxiety : a prospective cohort study of Australian employees

L. San Too, L. Leach, P. Butterworth Occupational and Environmental Medicine, 2021, vol 78, n°6, pp. 400-408. Bibliographie.

Il existe peu de preuves concernant l’effet prospectif de l’exposition cumulative aux facteurs de stress psycho-sociaux liés au travail sur la mauvaise santé mentale. Cette étude australienne s’intéresse à évaluer si l’exposition cumulative à des facteurs de risque psycho-sociaux expose les employés à un risque de trouble mental ultérieur.

Les données proviennent du projet « Personality and total Health through life » (n = 1 279, âge 40-46 au départ). Elles portaient sur l’exposition cumulative à de multiples indicateurs de mauvaise qualité psycho-sociale de l’emploi au fil du temps (c’est à dire à une combinaison de faible contrôle, d’exigences élevées et d’insécurité élevée) et sur les troubles mentaux usuels ultérieurs 12 ans plus tard (c’est à dire des scores de symptômes de dépression et/ou d’anxiété supérieurs à un seuil valide).
Les données ont été analysées en utilisant des modèles de régression logistique et en contrôlant les facteurs de confusion potentiels tout au long de la vie.

L’exposition cumulée à un travail ayant des facteurs de risques psycho-sociaux, en particulier une insécurité liée à l’emploi, a augmenté le risque de troubles mentaux ultérieurs, indépendamment des facteurs de confusion, qu’ils soient sociaux, de santé, d’intelligence verbale et de traits de personnalité (OR = 1,3 ; IC 95 % de 1,06 à 1,59).

Ces résultats montrent que les expositions cumulatives à une qualité psycho-sociale de l’emploi dégradée, au fil du temps, prédit de manière indépendante, les troubles mentaux courants ultérieurement. Cela confirme la nécessité d’intervention sur le lieu de travail pour prévenir des expositions répétées à des facteurs professionnels de risque psychique.

(publié le 8 septembre 2021)