Impact de la privation d’emploi sur la santé : "le chômage prive l’individu de la reconnaissance indispensable à la santé psychique"

N. Quéruel à partir d’un entretien avec C. Dejours
Les personnes qui ne travaillent pas vont plus mal sur le plan physique, voire psychique que ceux qui travaillent et 13% des demandeurs d’emploi renoncent aux soins médicaux car, "victimes de certaines formes de dépression", ils n’ont plus le courage ou la volonté de demander de l’aide. 8% déclarent avoir des pensées suicidaires.
Si le travail peut générer le pire (stress, burn-out, dépression, voire suicide), il peut aussi générer le meilleur : le plaisir. Relever un défi au travail sublime l’individu et permet l’accomplissement de soi et cet état augmente la résistance aux maladies du corps.
Le rapport à l’autre est réellement essentiel : en travaillant avec les autres, nous étoffons notre savoir-vivre et nous déployons des formes de solidarité. La reconnaissance participe à l’accroissement de l’estime de soi et de l’identité ; elle préserve des troubles mentaux. Mais a contrario, "le dénigrement dans le travail ou la privation d’emploi sapent les fondements de la personnalité".
Les travailleurs participent aussi au développement de la société, ce qui est gratifiant et "les personnes au chômage ne bénéficient, ni de la reconnaissance matérielle et morale indispensable à la santé psychique, ni des stratégies de défense collective ".
La pandémie de Covid-19 a montré les capacités d’engagement dans le travail des métiers de l’ombre (travail de soins, travail domestique souvent méprisé). La gouvernance doit rétablir la confiance pour une parfaite coopération des collectifs.
(publié le 30 octobre 2020)