La croissance post-traumatique : quand le traumatisme devient bénéfique

N. Goutaudier, D. Clarys, A-C. Tudorache, A. H. Boudoukha La Presse Médicale, 2020, vol.1, n°2, pp. 151-156. Références

La prévalence d’exposition au cours de la vie en France à un ET (évènement traumatogène), c’est à dire potentiellement traumatique est de 72,2%, mais le développement d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT) après cet ET est plutôt rare (prévalence variant de 7 à 14% selon les études).
Après exposition à un ET, 40 à 70 % des individus expérimenteraient des conséquences positives, dont la croissance posttraumatique qui "se traduit par des changements en matière de perception de soi, de philosophie de vie, de spiritualité et de relation aux autres".
Selon un modèle théorique (proposé par Tedeschi et Calhoun),"la croissance posttraumatique résulte d’une lutte psychologique contre la détresse permettant la transformation des ruminations et l’élaboration de nouvelles croyances fondamentales", mais néanmoins, ne serait pas liée à une diminution de la détresse et "pourrait se retrouver chez des individus ayant une symptomatologie de TSPT".
Des échelles d’évaluation de cette croissance posttraumatique existent, dont le Posttraumatic Growth Inventory (PTGI). La version originale à 21 items est aujourd’hui la plus utilisée et a été validée en français.

Cette croissance posttraumatique ne doit pas être confondue avec la résilience. Cette dernière est caractérisée " par le maintien d’un équilibre stable après une expérience traumatique" et un niveau d’adversité vécu, bien moindre que celui des individus développant une croissance posttraumatique.

Bien qu’il n’existe aucune corrélation entre la présence de croissance posttraumatique et la re-victimisation, il a été suggéré que la présence de croissance posttraumatique associée à des symptômes dissociatifs pouvait augmenter le risque d’exposition future à des évènements potentiellement traumatiques.

Le repérage systématique des ET et l’évaluation des troubles en résultant doit être effectuée à l’aide d’échelles validées afin d’orienter vers des prises en charge adaptées.

(publié le 23 novembre 2020)