La HAS médicalise le burn out
Recommandations

I. Leroy Le Généraliste, 2017, n°2798, pp. 16-17
Le burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel correspond à un syndrome bien spécifique, souligne la Haute Autorité de santé (HAS) qui a publié des recommandations à l’usage des médecins généralistes et des médecins du travail.
Ces recommandations ne concernent que le versant clinique de la prise en charge. La notion de "burn out" est un peu fourre-tout ; alors la HAS le définit comme "un épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ".
Si les symptômes sont variés (cognitifs, émotionnels, comportementaux, physiques), ils s’accompagnent aussi d’un épuisement émotionnel, d’un cynisme vis-à-vis du travail et d’une perte d’efficacité. Devant cet éventail de symptômes, non spécifiques, seul le lien avec le travail permet d’affirmer le diagnostic : le burn out ne concerne que la sphère du travail alors que la dépression touche toutes les dimensions de la vie.
Ces recommandations insistent sur la nécessité d’une collaboration avec le médecin du travail (qui pourra agir sur le milieu de travail et faciliter le retour à l’emploi) et d’un traitement individualisé : un arrêt de travail de 2 à 3 mois, des approches psychothérapeutiques ou psychocorporelles et éventuellement des antidépresseurs (uniquement si troubles anxieux ou dépression).
Le risque suicidaire doit être particulièrement évalué.
La reconnaissance du caractère professionnel et des troubles psychiques reste rare. Il n ’existe pas de tableau de maladie professionnelle. .... pour l’instant.
(publié le 26 juillet 2017)