Le stress post-traumatique du Covid-19

Congrès L’encéphale "l’imagnaire en action", C. Fallet, Session " Corps et cerveau du trauma" Le Quotidien du Médecin, Hebdo, 2021, N°9889,p.29
Le séjour en réanimation expose à des traumatismes physiques et psychologiques et entraîne selon une étude britannique ayant porté sur plus de 5000 ex-patients, des symptômes substantiels d’anxiété (46%), de dépression (40%) et de stress post-traumatique (22%), dans l’année qui suit l’hospitalisation ; ces troubles pouvant perdurer jusqu’à 5 ans.
Les experts attribuent cette situation à une insuffisance de la prise en charge, préventive et curative de ce trouble de stress psycho-traumatique (TPST) en réanimation. Un questionnaire a été validé : IPREA (Inconforts Perçus par les patients de REAnimation), permettant de mesurer ces inconforts, afin de les réduire, ce qui diminuerait la prévalence du TSPST à un an.
Mais les patients ne sont pas les seuls touchés. Les soignants sont aussi très impactés en raison de facteurs organisationnels (charge de travail, réaffectation des postes, manque de visibilité ...) et de facteurs personnels (être jeune sans grande expérience, être toujours empathique, manquer de soutien, craindre de contaminer un proche...)
Le climat anxiogène s’est installé très vite (rapidité de la propagation de la maladie, connaissances incertaines, décès de soignants) et n’a fait que croître, laissant apparaitre chez les soignants de première ligne, anxiété, dépression, symptômes psychotiques ...
Une étude est en cours au CHU de Tours "pour mieux comprendre les changements de prévalence des troubles mentaux chez les professionnels de santé suite à la pandémie " et de leur proposer des soins personnalisés, notamment une désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires : EMDR (eye movement desensitization and reprocessing).
(publié le 24 mars 2021)