Les équipes de travail dynamiques.
L’instabilité dans les équipes de travail : quels effets sur les performances ?

C. Blanchet, E. Michinov Le Travail Humain, 2016, vol.79, n°4, pp. 309-337. Bibliographie
Il est demandé dorénavant aux équipes de travail une grande adaptabilité pour répondre rapidement et efficacement à des situations complexes dans des environnements dynamiques. Les équipes ne seraient plus des "entités stables" mais seraient "dynamiques, imprévisibles, avec des comportements marqués par la discontinuité, la complexité et la nouveauté".
Les travaux portant sur les équipes dynamiques relèvent de disciplines variées : sciences de gestion, sociologie des catastrophes, psychologie du travail et psychologie ergonomique ; il est noté au travers de ces études, des formes multiples d’instabilité qui tiennent à l’environnement de travail, à la nature de la tâche à réaliser, aux ressources à disposition et à la composition de l’équipe.
Deux facteurs ont une importance considérable dans les fonctionnements des équipes de travail : le changement des membres et la poursuite de buts contradictoires qui engendrent du conflit lié à la tâche au sein d’une équipe.
La plupart des travaux présente le changement comme préjudiciable à la performance collective : problème de transferts des compétences, pertes d’expertises, nécessité de modifier les structures cognitives nécessaires à la réalisation des tâches, diminution de la familiarité au sein des équipes, efforts de socialisation, stress. Il s’ensuit une réduction de la communication et de la coordination.
Mais d’autres travaux tendent à démontrer l’effet positif du changement : limitation des effets pervers d’une forte cohésion sociale et d’une forte pression à l’ uniformité dans le groupe, diversification des connaissances, idées nouvelles, augmentation du stock d’expertises, changement dans les processus de réflexion, réorganisation de la tâche, implantation de nouvelles stratégies.
Au total, le changement des membres dans une équipe peut être bénéfique si le phénomène a été anticipé et si les structures dirigeantes ont conscience de l’importance pour les équipes de posséder une identité sociale partagée (afin d’améliorer la confiance) et une mémoire transactive (afin d’organiser les expertises pour s’adapter à la perte d’un membre).
" Il en est de même pour le conflit lié à la tâche relatif à la poursuite de buts contradictoires. Ce dernier peut avoir un effet bénéfique sur les performances groupales s’il est exempt de conflit relationnel et que les membres sont familiers les uns avec les autres. Il serait aussi important de développer l’aptitude des groupes à résoudre des conflits non nécessaires.
Enfin, les travaux actuels montrent la nécessité d’apprendre à travailler en équipe et de développer des formations permettant l’acquisition et/ou le maintien des compétences non-techniques".
(publié le 7 mars 2017)