Pensées suicidaires dans la population active occupée en France en 2017

P. Delézire, V. Gigonzac, L. Chérié-Challine, I. Khireddine-Medouni Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, BEH, 2019, n°3-4, pp. 65-73. Références
Cet article décrit à partir des données du Baromètre santé 2017, le taux de prévalence des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois chez les actifs occupés en France métropolitaine et les raisons attribuées à ces pensées.
25 319 personnes ont été interrogées.
3,8% des actifs occupés déclaraient avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois (4,5% chez les femmes et 3,1% chez les hommes). Ce résultat est légèrement inférieur à celui retrouvé en population générale (4,7%). Les taux de prévalence les plus élevés concernaient les hommes et les femmes âgés de 45 à 54 ans.
Des inégalités apparaissent selon les secteurs d’activité : les hommes et les femmes travaillant dans les secteurs des arts et spectacles, de l’hébergement/restauration, de l’enseignement, et de la santé humaine/action sociale ainsi que que les femmes travaillant dans le secteur de l’information/communication déclaraient plus souvent avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois.
Les pensées suicidaires sont souvent attribuées à des raisons professionnelles, en particulier chez les hommes. Cette étude a montré l’existence d’associations entre des pensées suicidaires et les expositions aux menaces verbales, humiliations et intimidations, et au fait d’avoir eu peur de perdre son emploi ou au fait d’avoir connu une longue période de chômage.
Sachant que les pensées suicidaires peuvent déclencher le passage à l’acte suicidaire, il est important de prévenir leur survenue et le milieu de travail semble un environnement favorable pour développer des actions de prévention et de promotion de la santé mentale.
(publié le 22 mars 2019)