Prevenir le traumatisme de sauveteurs

T. Selma Préventique, 2016, n°148, pp. 72-73

Les sauveteurs confrontés à la souffrance et au malheur des autres, vivent également un traumatisme.
Cette situation induit un choc émotionnel initial (qui doit conduire à une adaptation efficace après maîtrise de l’émotion), un choc émotionnel différé (décharge émotive après cessation de l’activité, avec épuisement physique et moral), qui peut se prolonger par une réaction émotionnelle prolongée se traduisant par un état de sidération émotionnelle.

Un intervenant doit se protéger en dissociant gestes techniques et situation stressante.
La prévention passe par la préparation de l’équipe d’intervention elle-même ( gestion des potentiels physiques et psychiques, permettant de développer la capacité à évaluer la situation, formation théorique et pratique, étude de retours d’expériences, appropriation d’un canevas d’intervention).

S’y ajoute une prévention thérapeutique qui débute pendant la mission (soutien et débriefing), se poursuit sur le court terme (information sur la mission et définition de la tâche) et se prolonge sur le long terme (information sur le stress et son contrôle).

La prise en charge du traumatisme des sauveteurs passe par un débriefing psychologique, qui doit être proposé entre le 2e et le 10e jour. Seront débriefés ceux qui ont été impliqués, au sein d’un groupe de parole (sur la base du volontariat).
Le débriefeur doit être extérieur à l’institution. il s’agira d’un psychiatre ou d’un psychologue, d’un médecin urgentiste, généraliste ou du travail, d’un cadre motivé, d’un personnel spécialisé en ressources humaines ; la condition indispensable est qu’il ait reçu une formation adéquate.

(publié le 2 décembre 2016)