Quelles conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de travail et les risques psycho-sociaux ?

M. Beatriz, M. Beque, T. Coutrot, M. Duval, L. Erb, C. Inan, A. Mauroux, E. Rosankis DARES Analyses, mai 2021, n°28, 10 pp. Bibliographie

L’enquête TraCov, réalisée au premier trimestre 2021 par questionnaire auprès de 17 216 personnes âgées de 20 à 62 ans, ayant travaillé au moins une semaine depuis le début de la crise, avait pour objectif de décrire les conséquences concrètes de la crise sanitaire sur les conditions de travail et les risques psychosociaux des actifs occupés.
Même si la majorité des actifs interrogés décrivent des conditions de travail stables par rapport à l’avant-crise, la quantité de travail à fournir a globalement augmenté. Les actifs travaillent plus longtemps et de façon plus intense. L’intensité émotionnelle a également bondi et l’incertitude a conduit à une hausse du sentiment d’insécurité.

Les travailleurs ayant bénéficié de plus d’autonomie, de coopération et de soutien social au travail sont aussi nombreux que ceux qui ressentent l’inverse.

La moitié des travailleurs n’ont pas connu de changement de leurs conditions de travail ; l’organisation du travail s’est adaptée au contexte de crise.

Pour un tiers des personnes, le travail s’est intensifié avec des difficultés pour concilier vie professionnelle et vie privée mais le sens du travail s’est renforcé. Dans ce groupe, le secteur de la santé et de l’action sociale, l’enseignement et le commerce de détail sont surreprésentés.

Un travailleur du dix a connu une dégradation importante de ses conditions de travail : réorganisation du travail, l’ayant rendu plus intense. Sont surreprésentés les femmes, certains secteurs des services employant cadres et professions intermédiaires et l’enseignement.

Une faible minorité d’actifs (4%) a bénéficié d’une amélioration relative de ses conditions de travail : essentiellement les jeunes de moins de 34ans, les hommes ouvriers ou employés.

Les conditions de travail dégradées sont associées à une contamination accrue 14% ont contracté la Covid dans le groupe "peu d’impact sur les conditions de travail", contre 27% pour le groupe aux conditions de travail fortement dégradées.

La crise sanitaire est aussi associée à une dégradation générale de l’état de santé des travailleurs, mais aussi de la santé psychique : dégradation des conditions de travail dans un contexte sanitaire anxiogène avec parfois contamination à la Covid-19.

(publié le 1er juin 2021)