Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel

Haute Autorité de Santé, 2017 Références en Santé au Travail, 2017, n°151, pp. 71-74. Bibliographie
Le burnout est un syndrome qui se traduit par des manifestations plus ou moins importantes, d’installation progressive et souvent insidieuse, notamment émotionnelles, cognitives, comportementales ou interpersonnelles, motivationnelles ou liées à l’attitude, ou physiques.
La démarche diagnostique permet de caractériser le syndrome en repérant les pathologies sous-jacentes éventuelles telles qu’un trouble de l’adaptation, un trouble anxieux, ... il convient d’évaluer le risque suicidaire.
Il faut ajouter un bilan somatique et une analyse des conditions de travail en partenariat avec le médecin du travail ou le centre de consultation de pathologie professionnelle.
L’analyse des facteurs de risque peut s’appuyer sur les six catégories de facteurs de risques psychosociaux suivantes : intensité et organisation du travail, exigences émotionnelles importantes, manque d’autonomie et de marge de manœuvre, conflits relationnels dans le travail, conflits de valeurs, insécurité de l’emploi.
Le repérage individuel s’appuie sur un faisceau d’arguments incluant de nombreux paramètres (manifestations cliniques, conditions de travail, facteurs professionnels).
Le repérage collectif apprécie les signaux liés au fonctionnement de la structure (absentéisme, présentéisme, turn-over, qualité de l’activité et des relations sociales, facteurs de susceptibilité individuelle) ou les éléments liés à la santé ou à la sécurité des travailleurs (accidents du travail, maladies professionnelles, visites médiales spontanées, inaptitudes).
La prise en charge a pour objectif de traiter le trouble mais aussi d’agir sur le contexte professionnel qui en représente la cause.
Elle passe par arrêt de travail, consultation éventuelle d’un psychiatre, antidépresseurs, interventions psychothérapiques ou psychocorporelles, actions de prévention collective ou individuelle menées en concertation avec le médecin du travail ou la consultation de pathologie professionnelle.
Le retour au travail sera préparé et suppose une ou plusieurs visites de pré-reprise qui seront l’occasion de recommandations d’aménagements ou d’adaptations du poste de travail, voire de reclassement. Ces visites ont un rôle de préparation et d’accompagnement lors de la reprise de l’emploi.
(publié le 1er décembre 2017)