Retour au travail après un stress professionnel : un essai contrôlé randomisé d’une intervention comportementale cognitive ciblée sur le travail
Return to work after work-related stress : a randomized controlled trial of a work-focused cognitive behavioral intervention

V. Ligaya Dalgaard, K. Aschbacher, J. Hviid Andersen, DJ. Glass-Cock, M. Vejs Willert, O. Carstensen, K. Biering Scandinavian Journal of Work, Environment and Health, 2017, vol 43, n°105, pages 436-446. Bibliographie.

Cette étude danoise s’intéresse à l’évaluation d’une intervention de gestion du stress (SMI) sur le retour durable au travail (RTW) chez les patients souffrant de stress professionnel. Les services de santé de trois municipalités ont adressé des patients en arrêt maladie, pour souffrance au travail, au service de santé au travail de l’hôpital régional du Jutland Ouest (Danemark).
Une double randomisation a attribué les patients à l’un des trois groupes : groupe intervention (n=58), groupe contrôle A (n=56 qui a reçu une évaluation clinique) et groupe contrôle B (n=49, pas d’évaluation clinique).
Le traitement comprenait une thérapie cognitivo-comportementale ciblée sur le travail (CBT) avec une intervention facultative sur le lieu de travail. Le temps jusqu’à un retour durable au travail (16 et 44 semaines de suivi) a été mesuré en utilisant les données d’un registre.
Ainsi, le nombre moyen de semaines jusqu’à un retour durable au travail était respectivement pour le groupe intervention, contrôle A et contrôle B, de 15, 19 et 32 semaines. Toutefois pour le groupe B, l’évaluation clinique ne faisait pas partie du processus d’inclusion créant ainsi un biais de sélection.
Dans le modèle de Cox ajusté, le groupe intervention a montré un RTW durablement plus rapide à 44 semaines (OR = 1,57 ; IC 95 % de 1,01 à 2,44) après contrôle sur l’âge, le genre, la profession, les arrêts maladies partiels ou totaux l’année précédente, et le diagnostic par rapport au groupe A mais avec une tendance non significative à 16 semaines (OR = 1,70, IC 95 % de 0,94 à 3,10).

Les analyses non ajustées sont restées plutôt cohérentes mais réduites à une importance marginale.

Ainsi, il y avait une tendance à un retour au travail plus rapide dans le groupe d’intervention clinique par rapport au groupe A ayant reçu une évaluation clinique avec un retour au travail 4 semaines plus tôt que le contrôle avec un gain substantiel en terme financier sur l’indemnisation des arrêts de travail.

(publié le 5 février 2018)