Risques psychosociaux et souffrance au travail

F-X. Lesage La Revue du Praticien, 2017, vol.67, n°10, pp. 1071-1074. Références

La DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) définit les risques psychosociaux "comme les risques pour la santé mentale, physique et sociale engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental".
La spécificité de ce groupe de risques est son mécanisme : "sa spécificité tient à la médiation cognitive. Cela sous-tend l’influence extrinsèque de chaque individu mais aussi l’influence de son environnement social ou sociétal au sens de la psychologie sociale. Cela suppose aussi par essence le caractère subjectif des mécanismes mis en jeu".
Les facteurs de risques psychosociaux au travail sont l’intensité et le temps de travail, les exigences émotionnelles, l’autonomie, les rapports sociaux au travail, les conflits de valeur, l’insécurité de la situation de travail. Ces facteurs ne sont pas indépendants les uns des autres et il existe des interactions entre ces facteurs de risque.

Aborder la question de la souffrance au travail est difficile. Il faut déjà circonscrire le champ concerné. La notion de souffrance au travail regroupe un ensemble de pathologies qui vont des troubles de l’adaptation aux pathologies anxio-dépressives, en passant par le stress, l’épuisement professionnel et le stress post-traumatique.

S’il est possible d’évaluer la prévalence de ces pathologies, il est délicat d’évaluer la part imputable au travail, d’autant que la prévalence des troubles de l’humeur ou des troubles anxieux est supérieure dans la population inactive. Les pertes de travail tous les ans pour un trouble de la santé mentale avoisineraient les 45 000 personnes.
Les maladies professionnelles en lien avec la santé mentale sont vraisemblablement sous-déclarées et seules 315 pathologies psychiques ont été reconnues en 2014.
En ce qui concerne les maladies à caractère professionnel, Santé Publique France a mis en place un réseau de déclaration de la soufrance psychique (toutes pathologies confondues) liée au travail. La prévalence serait de 3,1% chez les femmes et de 1,4% chez les hommes en 2012.

(publié le 9 février 2018)