Souffrance au travail, absentéisme et mode organisationnel sont intimement liés
Résultats de l’enquête SUMER 2017

S. Memmi, E. Rosankis, N. Sandret , V. Tassy Références en Santé au Travail, 2020, n°164, pp. 31-47. Bibliographie

L’enquête SUMER 2017 a permis de repérer un grand nombre de salariés se trouvant dans une situation de comportements hostiles (16% des salariés), de job strain (27%), de manque de reconnaissance dans leur travail (51%) et près de 6% des salariés cumulent ces trois situations.
Les salariés exposés à ces trois indicateurs sont en moins bonne santé mentale.
Le manque de reconnaissance multiplie par 2,8 le fait d’être en dépression, le fait de manque de latitude décisionnelle par 1,6 et le fait d’avoir une forte demande psychologique par 1,8.
Ces salariés en souffrance sont plus fréquemment absents et plus fortement victimes d’accidents du travail.

Les contraintes organisationnelles (intensité, insécurité, manque de moyen d’information et de formation pour faire correctement son travail, conflits éthiques, etc.), la dégradation du collectif de travail (changements de l’environnement, changements techniques, restructuration, plan de licenciement, rachat/changement d’équipe ou encore changement de personnes), apparaissent comme des facteurs majorant les trois indicateurs de risques psychosociaux.
C’est ainsi que la stabilité de l’organisation et du collectif de travail semble limiter les expositions aux risques médicosociaux.
"Les services de santé au travail devraient être naturellement sollicités tant en prévention primaire que sur le suivi particulier des salariés après un arrêt de travail. Une intervention sur l’organisation du travail pourrait utilement permettre de proposer des pistes pertinentes pour la réduction de l’absentéisme ou de l’accidentologie ".

(publié le 15 janvier 2021)