Stress et peau

L. Misery La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2020, vol.34, N°1050, pp. 802-803. Références

"Il est désormais acquis que le stress agit sur toutes les fonctions de l’organisme, en particulier immunitaire, tant les liens anatomiques (innervation des organes immunitaires, connexions entre cellules nerveuses et immunes) et fonctionnels (récepteurs activables par les neuromédiateurs sur les cellules immunitaires) sont nombreux. Les neuromédiateurs sont, de ce fait, comme les hormones, les vecteurs du stress sur la peau".

Le stress peut aggraver de nombreuses maladies cutanées, mais le psoriasis est la dermatose pour laquelle le rôle du stress sur l’aggravation ou le déclenchement des poussières est le mieux caractérisé (50 à 80% des cas).
Un stress aigu produit une poussée dans la semaine ou le mois qui suit.
Un stress chronique élevé ou accompagné d’une dépression aggrave son retentissement.
Anxiété et dépression sont 3 fois plus fréquents chez les patients atteints de psoriasis que chez les sujets sains.
L’anxiété augmente l’intensité du prurit et altère la réponse au traitement. Un cercle vicieux s’installe fréquemment, dans la mesure où la maladie est une cause de stress, qui lui-même aggrave secondairement la maladie.
Mais dans tous les cas, la susceptibilité individuelle est primordiale.

Quel remède ?

  • Évaluer la part du stress et/ou des troubles physiques dans la maladie.
  • Proposer un traitement de la maladie dermatologique en utilisant si nécessaire des thérapeutiques puissantes car les dermatoses altèrent profondément la qualité de vie.
  • Conseiller une prise en charge psychologique : attitude bienveillante, techniques de gestion du stress.
  • Inviter à la pratique du sport ou d’activités ludiques, artistiques ou musicales.
  • En dernier recours, prescrire un traitement anxiolytique ou antidépresseur (inhibiteurs de recapture de la sérotonine).
(publié le 9 février 2021)