Stress post-traumatique chez les secouristes après les attaques terroristes en Norvège
Post-traumatic stress among rescue workers after terror attacks in Norway

I. Skogstad, T. Heir, E. Hauff and Ø. Ekeberg Occupational Medicine 2016, vol 66, n°7, pp. 528-535. Bibliographie.
Le 22 juillet 2011, la Norvège a été frappée par deux attaques terroristes. Soixante dix-sept personnes ont été tuées et plusieurs autres ont été blessées. Des sauveteurs de 5 groupes professionnels et des volontaires non affiliés ont fait face à la mort et au désespoir afin d’aider les victimes. Cette étude norvégienne étudie le niveau et les associations entres les variables démographiques, les variables liées à l’exposition professionnelle et les symptômes de stress post-traumatiques (PTSS). Une étude transversale du personnel de soins, des policiers, des pompiers, des bénévoles affiliés ou non affiliés a été menée environ 10 mois après les attentats terroristes, par un auto-questionnaire.
Les troubles de stress post-traumatiques spécifiques et non spécifiques ont témoigné du PTSS.
1790 participants ont été sélectionnés avec un taux de réponse de 61 %. Environ 70 % des sauveteurs professionnels avaient un vécu d’activités identiques par le passé ou avaient déjà participé à des exercices identiques qu’ils soient en simulation ou non. Ils ont évalué leurs actions comme un succès. Les pompiers et les bénévoles non affiliés ont ressenti un stress plus important que les autres groupes.
Parmi les professionnels, la prévalence des symptômes de stress post traumatique était de 2 % au dessous du niveau attendu. Chez les volontaires non affiliés, cette prévalence était de 24 % au niveau du seuil attendu.
Dans l’analyse multivariée, le genre féminin (β = 1,7), être en contact avec un blessé ou un mort (β= 2,0), la perception de menace (β=1,11), l’obstruction perçue dans le travail de sauvetage (β = 1,6) et les volontaires non affiliés (β= 8,3) étaient significativement associés aux syndromes de stress post-traumatiques.
Ainsi, après les attaques terroristes, les sauveteurs professionnels semblent être plus protégés des réactions de stress post-traumatiques que les volontaires non affiliés qui semblent être plus à risque.
(publié le 16 octobre 2017)