Bore et composés

M. Falcy Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Pathologie professionnelle et de l’environnement, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2012, vol.7, n°3, 16-002-B-20, 7 pages
Le bore et ses composés sont très largement utilisés dans des domaines variés : industries aéronautiques et navales, industrie nucléaire, agriculture, photographie, industrie du verre, de la céramique, des émaux, fabrication des cosmétiques, des désinfectants, des détergents, des peintures, des teintures, etc.
Il est largement distribué dans l’environnement.
Le bore s’accumule au niveau des poumons, puis des reins, du foie et du tube digestif. Il n’a pas été décrit chez l’homme, de pathologie spécifique liée au bore qui est considéré comme une poussière inerte. Il serait irritant pour les muqueuses des voies aériennes supérieures.
La toxicité de l’acide borique, des borates et de l’oxyde de bore est importante par voie orale, la dose létale est estimée entre 15 à 20 g chez l’adulte. Les signes cliniques sont digestifs (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales), suivis d’une atteinte du système nerveux central. L’évolution peut être coma, collapsus, acidose métabolique, cyanose, fièvre, dépression respiratoire, nécrose tubulaire rénale, puis atteinte cutanée (dermatose desquamative extensive).
Les atteintes chroniques sont caractérisées par des lésions cutanéo-muqueuses et des phanères avec parfois des troubles digestifs et neurologiques.
Les travailleurs exposés à des poussières de borates ou d’oxyde de bore présentent des signes de rhinite, de conjonctivite ou de la toux.
L’acide borique et certains borates provoquent chez l’animal des effets sur la spermatogenèse et des malformations fœtales osseuses.
La prévention passe par la substitution des produits dangereux, et en cas d’impossibilité, par des mesures organisationnelles et techniques collectives d’abord, individuelles ensuite.
La surveillance médicale dépend de la nature du composé auquel le sujet est exposé. Il faudra rechercher particulièrement des signes neurologiques et des anomalies hépatiques et rénales. Une étude de la fonction respiratoire est recommandée en cas d’exposition aux borates. Une information sera donnée aux utilisateurs quant aux effets sur la reproduction. Les femmes enceintes ou allaitantes ne seront pas exposées.
En cas d’intoxication aiguë, le dosage sanguin du bore est utile.
Le dosage du bore urinaire pourra être utilisé pour la surveillance des salariés exposés mais il n’est pas corrélé à l’exposition. Sa valeur est inférieure à 8mg/l dans la population générale.
(publié le 8 novembre 2012)