Céphalées intenses après simple contrôle visuel de stocks d’explosifs : à propos de cinq cas

C. Brunel, J-F. Ferrand Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2010, vol. 71, n° 2, p. 151-156.
L’apparition de trois cas de céphalées invalidantes survenues chez des militaires inspectant régulièrement des dépôts d’explosifs stockés dans une grotte en Corse a diligenté une enquête de la part du médecin militaire.
Une recherche de cas qui ne se seraient pas manifestés spontanément a été réalisée sous forme d’une enquête par questionnaire standardisé. Deux cas supplémentaires ont alors été identifiés.
Une étude de poste a été réalisée afin d’évaluer le risque professionnel dans la grotte de stockage, de même qu’une analyse des fiches de données de sécurité. Le Dynaroc 9A semble en cause. Il s’agit d’une dynamite dite "gomme" à base essentiellement de nitroglycéroglycol, c’est à dire d’un mélange de nitroglycérine et de nitroglycol. Ce sont donc les nitrates aliphatiques qui seraient responsables de ces céphalées. Ces nitrates aliphatiques sont très peu hydrosolubles, ce qui explique que c’est la voie percutanée qui est la voie majoritaire d’absorption en milieu professionnel. Néanmoins, la pénétration par voie respiratoire peut ne pas être négligeable pour le nitroglycol qui est 30 fois plus volatil que la nitroglycérine. C’est essentiellement la panne du système de ventilation qui est à l’origine de la survenue de ces céphalées.
(publié le 31 août 2010)