Chlore

J. Theodore, F. Baud Encyclopédie Médico Chirurgicale, EMC, 2008, Elsevier, Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 16-002-C-30, 5 pages

Depuis sa découverte en 1772, le chlore est très largement utilisé dans le monde. Néanmoins, les accidents industriels graves restent rares. Le chlore est toxique pour l’œil, les voies aériennes supérieures et inférieures et le poumon profond. L’exposition au chlore se fait principalement via les voies aériennes supérieures. Les expositions les plus sévères correspondent à des niveaux d’exposition aiguë supérieurs à 50 ppm. L’exposition aiguë au chlore est responsable d’une phase d’agression avec toux et suffocation initiale, suivie d’une phase de rémission durant 6 h après extraction de l’atmosphère toxique et de complications retardées : bronchospasme pouvant évoluer vers un véritable état de mal asthmatique notamment chez les sujets présentant des antécédents de maladie obstructive. Le chlore a été retenu comme agent toxique susceptible de provoquer un syndrome de Brooks (dysfonction de la réactivité des voies aériennes), particulièrement chez les fumeurs ou chez les sujets ayant des antécédents d’atopie dans l’enfance. Le décès peut survenir au décours d’intoxications massives et accidentelles, mais la plupart des cas ne présentent plus de séquelles fonctionnelles à distance de l’exposition. Par contre, les travailleurs continuellement exposés à de faibles concentrations de chlore peuvent développer une maladie pulmonaire obstructive incluant la survenue d’un asthme. Un risque cancérogène est difficile à démontrer en raison de la haute fréquence de facteurs confondants notamment le tabagisme et la coexposition à d’autres composés. En urgence, en cas d’exposition aiguë avec signes oculaires et projection cutanée, il faut laver les yeux à grande eau et doucher la victime. En cas d’inhalation, il faut administrer de l’oxygène, traiter le bronchospasme par des bronchodilatateurs et administrer des corticoïdes devant un asthme ou un œdème laryngé. Il n’existe pas de traitement spécifique.

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(publié le 2 décembre 2008)