Décapants de peinture et prévention des risques professionnels lors du ravalement de façades : où en sommes-nous ?

C. Hédouin-Langlet, M. Loizeau, J-L. Mercier, R. Thiery Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2015, vol.76, n°4, pp.337-341.
Depuis le 6 juin 2012, il est fait obligation de limiter la mise sur le marché, la vente et l’utilisation de décapants de peinture renfermant plus de 0,1% de dichlorométhane pour le grand public et pour les professionnels du BTP.
Une enquête de terrain ainsi que des prélèvements ont été réalisés afin d’estimer le risque chimique lié à l’utilisation des produits de substitution de ces décapants sur les chantiers de ravalement de façades, afin d’identifier ceux qui se révélaient efficaces et peu dangereux.
La substitution est véritablement effective car sur les 31 produits commerciaux prélevés, un seul étiqueté "toxique" contenait du méhanol et du dichlorométhane en concentration importante.
Pour les autres, des dangers persistent puisque 45% sont étiquetés "irritant", 10% "nocif", 7% "inflammable", 6% "corrosif" .
29% des décapants non étiquetés, contenaient notamment des esters dibasiques, du diméthylsulfoxyde et de l’acétate de benzyle.
Il a été noté également des substances classées réglementairement CMR (cancérogène-mutagène-reprotoxique) dans 13% des décapants.
Dans les fiches de données de sécurité, il apparaît que les compositions sont souvent incomplètes (le diéthylbenzène classé cancérogène de catégorie 2B par le Centre international de recherche contre le cancer était retrouvé dans 6% des produits sans qu’il en ait été fait mention).
L’étude met également en évidence un risque majeur d’incendie de façade lié à l’inflammabilité des décapants et sur le produits prélevés, seuls 50% présentaient un pont éclair supérieur à 60%.
Attention aux décapants à action rapide, très recherchés mais souvent inflammables.
Il faut toujours garder à l’esprit que le non-étiquetage n’est pas synonyme d’absence de risques.
Au total, il n’existe pas de décapant chimique, universel et sans danger.
Des consignes relatives aux mesures d’hygiène à prendre seront formalisées par écrit et explicitées aux utilisateurs.
(publié le 24 septembre 2015)