Estimation du potentiel cancérogène des huiles minérales régénérées

C. Champmartin Hygiène et sécurité du travail, 2012, n°227, pp. 3-10. Bibliographie
A coté des huiles neuves formulées exclusivement à partir d’huiles de base issues de la distillation du pétrole, on trouve sur le marché français des huiles minérales recyclées formulées à partir d’huiles usagées régénérées. Si les performances techniques de ces huiles sont comparables, se pose la question d’un risque lié à l’utilisation de ces huiles régénérées du fait de leur teneur en HAP (hydrocarbures polycycliques aromatiques) et de leur potentiel cancérogène.
Ce potentiel cancérogène peut être évalué selon trois méthodes : le dosage direct du Benzo[a]pyrène (BaP) dans l’huile (qui est la méthode de référence des organismes de prévention français) et deux méthodes globales : IP 346 applicable seulement aux huiles de base neuves sans additifs et la méthode DMSO-UV dont l’utilisation n’est pas préconisée dans le cas des huiles usagées.
6 huiles de base régénérées ont été analysées. Si les seuils associés aux méthodes IP 346 et DMSO/UV ne sont pas ou rarement dépassés, la valeur préconisée pour le BaP est largement dépassée pour quatre d’entre elles.
Pour 4 huiles de base neuves, toutes les valeurs en BaP sont supérieures à la valeur préconisée par les organismes de prévention français.
Il apparaît au travers de cette étude que la méthode IP 346 imposée par l’Union européenne pour le contrôle des huiles de base neuves et couramment utilisée par les pétroliers quelle que soit l’huile ne permet pas de garantir l’absence de substances cancérogènes.
Dans un souci de prévention, les organismes français continueront à utiliser le BaP comme traceur du risque cancérogène pour l’ensemble des huiles de coupe issues de raffineries ou régénérées avec comme préconisation un seuil en BaP d’environ 20-30 µg/kg avant usage.
Les auteurs estiment souhaitable une évolution de la réglementation actuelle.
(publié le 13 décembre 2012)