Etude d’ergoexpologie aux fongicides dithiocarbamates auprès de professionnels de trois secteurs agricoles

J-L. Dupupet, A. Adjémian, J-P. Grillet, R. Garnier Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2010, vol.71, n°54, pp.638-643. Bibliographie
Une étude a été conduite auprès de salariés ou exploitants agricoles exposés directement aux éthylène-bis-dithiocarbamates, dans trois secteurs d’activité : viticulture, horticulture et culture de pommes de terre. Le protocole a associé le dosage de l’éthylènethiourée (ETU) avant et après exposition et corrélé les résultats aux pratiques observées.
Les sujets inclus étaient au nombre de 56, d’âge médian 42,5 ans.
La médiane des taux urinaires observés avant exposition est de 0,43 µg/g de créatinine et s’élève à 6,7 µg/g de créatinine après exposition. Cette différence est significative. L’augmentation de l’excrétion urinaire d’ETU se produit dès la première journée d’exposition de la saison.
Les consommations alimentaires avant l’exposition et dans les jours qui suivent n’influencent pas significativement cette élévation.
Il apparaît que ne pas porter un masque adapté à la préparation multiplie par 2,60 l’augmentation de l’excrétion urinaire après l’exposition, l’onychophagie la multiplie par 2,45, l’absence de cabine fermée par 1,19.
Le suivi longitudinal fait apparaître la persistance d’une excrétion urinaire pendant plusieurs jours après la fin de l’exposition avec des ré ascensions quotidiennes qui font évoquer des recontaminations (probables rentrées sur les parcelles traitées après la fin de l’exposition directe).
Le port de gants adaptés n’entraîne pas de façon significative d’effets protecteurs ; seule l’efficacité du masque lors de la préparation a pu être démontrée évoquant dans ce cas la part prédominante de la contamination par voie respiratoire. En analyse multivariée, l’application du produit en cabine fermée apparaît aussi comme protectrice.
La prévention primaire consiste à limiter l’emploi des formulations en poudre et en cas de pulvérisation sur des végétaux, à la mise en place d’une protection collective par une cabine adaptée.
(publié le 9 décembre 2010)