Etude de la protéine de la cellule de Clara (CC16) comme marqueur de pneumotoxicité chez les travailleurs de fonderie

A. Charlet-Alvarez, P. Hantson, A. Bernard, C. Hermans Archives des Maladies Professionnelles et de l’ Environnement, 2008, vol.69, n° 4, p.553-563

Les travailleurs de fonderie sont exposés à une pléthore de polluants toxiques pour le tissu pulmonaire. Diverses études ont montré une diminution de la concentration sérique de la protéine de la cellule de Clara (CC16) au sein de populations exposées à divers toxiques pulmonaires. Peu de données étant disponibles quant aux concentrations sériques de la CC16 chez les travailleurs de fonderie, une étude a été menée auprès de sujets exposés en fonderie et appariés sur l’âge, l’indice de masse corporelle et les habitudes tabagiques à des sujets témoins appartenant au secteur tertiaire et non exposés à des agents pneumotoxiques. La CC16, la ß2-microglobuline et la clairance de la créatinine ont été mesurées et tous les sujets ont bénéficié d’explorations fonctionnelles respiratoires. Cette étude met en évidence que la concentration sérique de la CC16 est en moyenne 20% plus basse que chez les travailleurs de fonderie par rapport à un groupe témoin et confirme l’influence importante du tabagisme sur les concentrations sériques de CC16. « Même si les données de l’étude appuient l’hypothèse d’un lien de causalité entre la diminution de la CC16 observée chez les fondeurs et l’exposition professionnelle, aucune relation n’a pu être mise en évidence entre les concentrations sériques de la CC16 et les divers paramètres d’exposition retenus ». En ce qui concerne l’intérêt diagnostique, le dosage de la protéine de la cellule de Clara semble présenter une plus grande sensibilité par rapport aux épreuves fonctionnelles respiratoires. Mais « même si la CC16 apparaît comme marqueur sensible et précoce des lésions de l’épithélium respiratoire chez les travailleurs de fonderie, il est probable que cet intérêt se limite à l’échelle du groupe. Les larges variations interindividuelles, pour la plupart largement inexpliquées, ainsi que l’effet du tabagisme actif et probablement passif suggèrent que la valeur sérique de la CC16 ne permet pas de tirer de conclusions sur l’intégrité de l’épithélium respiratoire à l’échelle individuelle ».

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(publié le 3 décembre 2008)