Examens radiographiques du thorax de dépistage chez les mineurs français d’uranium : estimation de l’exposition et impact sur le risque de cancer du poumon associé au radon
Chest X ray screening examinations among french uranium miners : exposure estimation and impact on radon-associated lung cancer risk

H. Laborde-Casterot, D. Laurier, S. Caër-Lorho, C. Etard, A. Acker, E. Rage Occupational and Environmental Medicine, 2014, vol 71, n°9, pp. 611-618. Bibliographie.

La surveillance médicale des mineurs d’uranium peut inclure périodiquement des examens radiographiques du thorax.
Cette enquête française avait pour but d’évaluer l’exposition aux rayons X due à la surveillance en santé au travail dans la cohorte française des mineurs d’uranium et de rechercher dans quelle mesure cette exposition additionnelle aux radiations influe sur l’excès de risque de décès par cancer du poumon associé avec l’exposition au radon.
L’exposition aux rayons X en lien avec la surveillance en santé au travail a été estimée rétrospectivement à partir de la revue d’un échantillon de dossiers médicaux de mineurs et de données bibliographiques. Quatre scénarios d’exposition ont été dessinés, différents dans leurs hypothèses à propos du type de procédures réalisées, de leur fréquence et de la dose délivrée au poumon. L’exposition au radon et les doses pulmonaires provenant de l’exposition aux émetteurs de particules X et des rayons γ externes avaient auparavant été évaluées individuellement. L’exposition-risque et les relations dose-risque ont été estimées par la régression de Poisson avec un modèle linéaire d’excès de risque relatif (ERR).

La cohorte incluait 5 086 mineurs avec une durée moyenne de suivi de 30,1 années. Le nombre moyen d’examens radiographiques du thorax s’étendait de 15,1 pour le plus faible à 34 dans le scénario de la plus forte exposition, et produisait une dose pulmonaire cumulative moyenne allant de 4,6 à 34,2 mGy. Le rôle de l’imagerie professionnelle par radiographie de dépistage en dose pulmonaire totale équivalente apparaissait insignifiant par rapport à l’exposition aux émetteurs X. L’exposition aux rayons X n’était pas associée avec le risque de mortalité par cancer du poumon. L’ERR associé avec le radon restait significativement positif lorsque l’exposition aux rayons X était incluse dans l’analyse multivariée.

En conclusion, l’exposition aux rayons X n’entraînait pas de confusion dans la relation risque-exposition entre le radon et le cancer du poumon.

(publié le 15 janvier 2015)