Exposition au plomb chez les vitraillistes : évaluation et prévention

I. Coates, H. Hasni-Pichard, H. Laborde-Castérot Références en Santé au travail, 2014, n°139, pp.41-56. Bibliographie
Le vitrailliste ou maître-verrier est exposé à de nombreux risques, dont celui de l’exposition au plomb qui fait l’objet de cet article.
Ce travail rapporte les cas de trois salariés ayant présenté des plombémies élevées et reçus en consultation de pathologie professionnelle et pour lesquels des études de poste ont été réalisées.
La métrologie permet d’évaluer la contamination par le plomb de l’environnement de travail et passe par des prélèvements d’atmosphère (qui permettent d’apprécier l’exposition par inhalation) et surfaciques (sur les objets et sur les mains des salariés), qui permettent d’être renseigné sur le risque d’ingestion.
La biométrologie permet d’évaluer l’exposition au plomb quelle que soit la voie d’absorption.
La plombémie est le meilleur indicateur de l’exposition au plomb.
La plomburie provoquée est un bon indicateur de la dose interne de plomb. Associée à des plombémies élevées, elle oriente vers des contaminations aiguës.
La toxicité chronique retardée du plomb (et notamment les troubles mentaux organiques) peut être évaluée au travers de tests psychométriques, des potentiels évoquées visuels, somesthésiques et cognitifs.
Les trois cas présentés font état d’un manque évident de respect des règles de prévention et d’hygiène (repas et boissons pris sur le lieu de travail, vêtements de travail portés en ville, pas de douche en fin de poste) et la voie digestive est apparue comme la principale voie de contamination (mains souillées lors de l’activité ou à partir de surfaces contaminées).
Cette étude a clairement montré que la restauration de vieux vitraux exposait plus massivement au plomb que la fabrication de vitraux neufs.
La prévention repose sur l’information et sur la formation des salariés.
La prévention collective passe par la substitution (irréalisable dans cette activité), le travail en vase clos ou l’isolement des postes à risque, le captage des poussières aux points d’émission, l’interdiction de la soufflette ou du balayage à sec et du chauffage par soufflerie.
Les zones propres seront espacées des zones contaminées : doubles vestiaires séparés par des douches, nettoyage quotidien de l’atelier avec un aspirateur disposant d’un filtre à très haute efficacité, changement de vêtements en fin de poste.
En complément il faut prévoir les mesures de prévention individuelles : vêtements de protection et masques bien entretenus, lavage des mains, avant-bras, ongles et visage, interdiction de boire, manger ou fumer sur le lieu de travail.
La prévention médicale suppose une surveillance médicale renforcée.
Il apparaît dans cette étude que des pistes d’amélioration pour la prévention consisteraient en des mesures simples comme le renforcement de l’hygiène et l’information des travailleurs.
De plus, le travail en partenariat entre les services de santé au travail, les consultations de pathologie professionnelle et les CARSAT est à encourager.
(publié le 1er décembre 2014)