Exposition professionnelle au béryllium dans les entreprises françaises

Evaluation des niveaux d’exposition atmosphérique et de contamination surfacique R. Vincent, J.Catani, Y. Créau, A-M. Frocaut, A. Good, P. Goutet, A. Hou, F. Leray, M-A. André-Lesage, A. Soyez Hygiène et sécurité du travail, 2010, n°220, pp.53-62. Bibliographie.
Une enquête par questionnaire a été menée dans le courant de l’année 2004 auprès d’un échantillon représentatif de 5 000 établissements industriels, afin de cibler les secteurs d’activité utilisateurs de béryllium ou de composés du béryllium en France. 654 prélèvements d’air des lieux de travail et 576 prélèvements surfaciques ont été effectués dans 95 établissements appartenant à 37 secteurs d’activité différents.
Globalement, pour les prélèvements atmosphériques, les concentrations en béryllium dépassent la valeur limite de 2 µg. m -3 recommandée en France.
Pour les prélèvements surfaciques, les concentrations les plus élevées correspondent aux secteurs de la métallurgie, de la fabrication des meubles et de la fabrication d’instruments médicaux, de précision, d’optique et d’horlogerie. Les niveaux de contamination dépassent fréquemment les seuils proposés par différents organismes.
Les professions les plus exposées sont les fondeurs lors de l’utilisation de différents alliages pour la fabrication de pièces mécaniques, bijoux, objets d’art, les conducteurs de machines d’impression lors de travaux par sérigraphie à l’aide d’encres conductrices sur des plaques de céramique en oxyde de béryllium, les opérateurs de production de métaux et les conducteurs de cuve d’électrolyse.
Compte tenu de la toxicité du béryllium, des actions sont à envisager pour réduire les expositions : mise en place de systèmes de ventilation générale et de ventilation locale par aspiration à la source, systèmes de décontamination des lieux de travail selon des procédures adaptées.
En raison de la cancérogénicité du béryllium et de son caractère sensibilisant, une surveillance médicale particulière des travailleurs devrait être mise en place dans tous les secteurs d’activité utilisant du béryllium.
L’évaluation de l’exposition par métrologie atmosphérique dans le secteur de la métallurgie (particulièrement concerné) pourrait être complétée d’une biométrologie.
(publié le 19 janvier 2011)