Indium et ses composés

P. Hoet Encyclopédie Médico-Chirurgicale, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2010, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 16-002-I-10, 4 p. Bibliographie
Depuis les années 1990, la principale application de l’indium est la production d’ITO (indium-tin-oxyde, oxyde d’indium et d’étain) utilisé pour la fabrication d’électrodes transparentes des écrans plats et des écrans tactiles. L’ITO est généralement déposé par pulvérisation cathodique sur le support mais cette technique est très peu efficiente et 70% du produit finira aux déchets.
Les connaissances sur la toxicité de l’indium sont essentiellement issues des données de l’expérimentation animale ; cette toxicité dépend de la voie d’exposition, des composés étudiés et de l’espèce animale. Sont décrits des effets pulmonaires, rénaux, hépatiques, embryotoxiques /embryolétaux et tératogènes.
Lors d’exposition aiguë, les composés solubles sont plus toxiques que les composés non ou peu solubles et sont considérés comme étant irritants, voire corrosifs pour les yeux et la peau. Un cas fatal de pneumonie interstitielle avec pneumothorax ainsi que des cas de fibrose pulmonaire ont été associées à l’inhalation chronique de particules d’ITO chez des travailleurs japonais.
Une lésion caractéristique serait la formation de cristaux de cholestérol dans les espaces alvéolaires et interstitiels. Il s’ensuit une diminution de la capacité respiratoire.
La prévention repose sur les mesures d’hygiène industrielle classiques en cas d’exposition aux poussières (travail en vase clos, aspiration à la source, équipement individuel). Pour les travailleurs exposés aux particules ITO, la réalisation d’épreuves fonctionnelles respiratoires est indiquée eu égard au tropisme de cet ITO pour le tractus respiratoire.
Un dosage biologique est possible mais aucune valeur admissible n’est actuellement préconisée dans le cadre de la surveillance des travailleurs professionnellement exposés.
(publié le 9 novembre 2010)