Intoxication professionnelle au plomb importée : à propos de quatre cas
Imported occupational lead poisonning : report of four cases

M. Petraca, F. Scafa, R. Bocri, D. Flachi, S.M. Candura La Medicina del Lavoro, 2013, vol. 104, n°6, pages 428-433. Bibliographie.

Dans la plupart des pays industrialisés, l’intoxication professionnelle au plomb (saturnisme) est désormais une observation rare. Ce métal reste néanmoins un risque grave pour la santé dans le reste du monde.

Quatre patients masculins, âgés de 35 à 54 ans, sont arrivés à l’hôpital de Pavie (Italie) après avoir souffert de douleurs abdominales récurrentes et d’asthénie causées par une récente exposition au plomb (pendant une durée de 7 à 13 mois) dans deux usines de recyclage de batteries d’accumulateurs du sud de la Chine. A leur retour en Italie, trois d’entre eux présentaient une anémie normocytaire normochrome. Le diagnostic a été confirmé par la concomitance de niveaux élevés de plomb dans le sang et les urines, d’une diminution de l’acide delta-aminolévulinique déshydratase érythrocytaire (ALA-D), de l’augmentation de la protoporphyrine zinc érythrocytaire (PPZ), de l’augmentation de l’excrétion urinaire d’acide delta-aminolévulinique (ALA-U) et de porphyrines. La chélation par l’EDTA a conduit à une augmentation de l’excrétion urinaire du plomb, à l’amélioration de l’état clinique, à la diminution des PPZ et à la normalisation des autres indicateurs biologiques (Pb-B, ALA-D, ALA-U, prophyrines urinaires).

En conclusion, des périodes de travail temporaires dans des pays en voie de développement peuvent être à l’origine de saturnisme d’importation. Le diagnostic différentiel de cette pathologie rare requiert une anamnèse approfondie et des analyses toxicologiques orientées. Il est nécessaire de mettre en place des mesures préventives adaptées pour les travailleurs qui se rendent à l’étranger.

(publié le 14 avril 2014)