L’utilisation de biocarburants affecte-t-elle la santé respiratoire des employés masculins danois de la production d’énergie ?

Does the use of biofuels affect respiratory health among male Danish energy plant workers ? V. Shlünssen, A. Mette Madsen, S. Skov, T. Sigsgaard Occupational and Environmental Medicine, 2011, vol 68, n°7, pages 467-473. Bibliographie.

Les objectifs de cette enquête danoise étaient d’étudier l’asthme, les symptômes respiratoires et la fonction pulmonaire chez des employés d’usine de production d’énergie travaillant avec des biocarburants à base de copeaux de bois, de paille ou du fuel conventionnel. Les symptômes respiratoires ont été recueillis par questionnaire chez 138 travailleurs des copeaux de bois, 94 travailleurs de la paille et 107 travailleurs de référence de 85 usines thermiques ou combinant le thermique et l’électrique. Une spirométrie, des tests de provocation à la métacholine et des prick tests ont été réalisés sur 310 travailleurs. Les concentrations dans le milieu de travail des « poussières totales » (n = 181), des endotoxines aéroportées (n = 179), d’aspergillus fumigatus cultivable (n = 373) et des champignons cultivables (n = 406) ont été mesurées dans chaque usine. L’exposition personnelle a été calculée à partir du temps passé aux différentes tâches et des expositions moyennes des lieux de travail.

Les médianes des expositions personnelles dans les usines utilisant les biocarburants étaient de 0,05 (0 à 0,33) mg/m3 pour les « poussières totales » et de 3,5 (0 à 294) unités d’endotoxine/m3 pour l’endotoxine. Les champignons ont été cultivés à partir des filtres (dans les usines utilisant la paille) ou par échantillonneurs passifs (usines travaillant les copeaux de bois) ; les expositions personnelles moyennes étaient de respectivement 5,230 x 103 (118 à 1,85 x 104) et de 1,03 x 103 (364 à 5,01 x 103) unités de colonies formées /m3. Les niveaux d’exposition étaient augmentés dans les usines à biocarburants par rapport aux usines traditionnelles. La prévalence des symptômes respiratoires chez les travailleurs des usines conventionnelles et des usines à biocarburants était comparable, excepté pour les symptômes d’asthme chez les non-fumeurs, qui étaient plus élevés chez les travailleurs de la paille par rapport aux référents (9,4 versus 0 % ; p < 0,05). Une tendance à l’augmentation des symptômes respiratoires avec l’augmentation de l’exposition à l’endotoxine a été constatée avec des ORs entre 3,1 (1,1 à 8,8) (symptômes nasaux liés au travail) et 8,1 (1,5 à 4,4) (symptômes d’asthme) pour le groupe le plus exposé. Des associations entre l’exposition aux champignons et les symptômes respiratoires étaient moins claires mais suggéraient que les champignons cultivables étaient associés avec les symptômes d’asthme et les symptômes respiratoires liés au travail. Aucune association n’a été constatée entre la fonction pulmonaire et le niveau d’exposition à l’endotoxine ou aux champignons.

En conclusion, le fait de travailler avec des biocarburants dans une usine de production d’énergie n’augmente généralement pas la prévalence de symptômes respiratoires. Cependant, le niveau d’exposition aux micro-organismes a un impact sur la survenue de symptômes respiratoires chez les travailleurs du biocarburant.

(publié le 2 février 2012)