La surveillance biologique comme moyen pour évaluer les expositions et prédire les effets néfastes des polluants chimiques, un panorama de ce qui est fait en Italie

Biological monitoring as a means to assess exposure and to predict adverse effects of chemical pollutants : an overview of current practices in Italy La Medicina del Lavoro, 2012, vol. 103, n°5, pages 323-416. Bibliographie.
Le numéro 5 de septembre – octobre 2012 de la Medicina del Lavoro est un numéro spécial consacré à la surveillance biologique sous la direction de Silvia Fustinoni (Université de Milan). La surveillance biologique est une méthode destinée à évaluer l’interaction entre les toxiques et l’organisme humain afin d’identifier des indicateurs précoces et réversibles qui puissent être utilisés pour étudier le mécanisme de toxicité et prévenir les effets sur la santé des sujets exposés. Depuis sa conception dans les années 1980s, les chercheurs italiens en santé au travail et hygiène industrielle ont beaucoup contribué au développement de cette discipline. Le présent numéro réunit huit articles illustrant les possibilités de la surveillance biologique : 1) « Association entre exposition au benzène environnemental et altération oxydative des acides nucléiques chez des enfants ». Le benzène apparaît être un bon traceur d’autres composants des mélanges complexes de polluants responsables d’altérations des acides nucléiques. 2) « Surveillance biologique des expositions faibles au benzène ». Il semblerait que le benzène urinaire non métabolisé soit un meilleur indicateur d’exposition faible au benzène que l’acide S-phénylmercapturique et que l’acide trans-muconique. 3) « Surveillance environnementale et biologique de l’exposition aux HAPs (hydrocarbures aromatiques polycycliques) chez les travailleurs en fonderie de l’usine de Tarante comparée à deux groupes issus de la population générale des Pouilles (Italie) ». Bien qu’elle ait diminué par rapport au passé, l’exposition aux HAPs dans l’usine de fonderie est toujours un risque pour la santé des travailleurs ainsi que pour la population générale. Elle nécessite encore des efforts pour améliorer les conditions de travail. 4) « La surveillance biologique : un outil valide pour évaluer l’exposition professionnelle aux mélanges de 2,4 ; 2,6-toluène diisocyanate ». Cette enquête démontre la faisabilité et la fiabilité de cette surveillance qui fournit, de plus, des informations sur les niveaux d’exposition journaliers et hebdomadaires. 5) « Facteurs environnementaux influençant l’excrétion urinaire de l’arsenic inorganique dans la population générale ». Dans la population qui mange de grandes quantités de poissons et de fruits de mer, les taux urinaires d’arsenic inorganique sont élevés et dépassent souvent les valeurs limites d’exposition professionnelle. Un cahier de tous les aliments ingérés au cours des 3 derniers jours précédant le prélèvement urinaire est indispensable pour interpréter les résultats en milieu professionnel. 6) « Surveillance biologique de l’exposition au perchloréthylène (PCE) chez les travailleurs du nettoyage à sec ». Les indicateurs d’exposition les plus fiables sont le PCE urinaire en fin de poste et le PCE sériques, à la fois en fin de poste et à la prise de poste à la fin de la semaine de travail. 7) « Surveillance biologique de l’exposition professionnelle aux médicaments anticancéreux dans les établissements hospitaliers ». Les expositions des infirmières en cancérologie ont considérablement diminué avec la centralisation des préparations médicamenteuses mais la contamination de surface survient encore et doit faire l’objet de mesures préventives. 8) «  Exposition professionnelle au styrène dans l’industrie des plastiques renforcés par des fibres de verre : comparaison entre deux procédés industriels différents ». La surveillance biologique confirme que le travail en vase clos permet de rester au-dessous des valeurs limites d’exposition.
(publié le 11 décembre 2012)