Maladie de Parkinson et exposition aux pesticides

F. Moisan, A. Elbaz Environnement et Risques Santé, ERS, 2011, vol.10, n°5, pp.372-384. Bibliographie
La maladie de Parkinson est une maladie chronique neurodégénérative caractérisée par la perte de neurones dopaminergiques du locus niger entrainant une diminution de dopamine dans le striatum et une perturbation de la motricité.
ll n’existe actuellement aucun test diagnostique permettant d’établir le diagnostic de maladie de Parkinson (MP) avec certitude ; et dater le début de la maladie constitue une importante difficulté dans la mesure où l’imagerie cérébrale montre que les signes moteurs n’apparaissent que lorsque la perte neuronale dopaminergique est déjà importante (avoisinant 70%).
La prévalence de la maladie est comprise entre 100 et 200 pour 100 000 personnes. La maladie augmente en fréquence avec l’âge et atteint plus les hommes que les femmes.
Cette affection est multifactorielle, résultat de différents composants génétiques ou environnementaux, notamment l’exposition aux pesticides.
L’hypothèse d’un lien entre la MP et l’exposition aux pesticides a été émise au début des années 1980 suite à l’apparition de plusieurs cas de syndrome parkinsonien parmi des personnes ayant été exposées à une molécule ayant une structure chimique proche de celle du paraquat. Au Canada comme en France, il a été retrouvé plus de MP dans les régions à forte densité d’exploitations agricoles caractérisées par une utilisation importante d’insecticides.
De nombreuses études cas-témoins montrent une association significative entre expositions professionnelles aux insecticides et MP. Le risque est plus élevé chez les sujets dont les intensités d’exposition annuelle aux pesticides sont les plus élevées. D’autres études ont montré une association significative entre la MP et l’exposition aux insecticides, notamment la famille des organochlorés. Les fongicides ne semblent pas fortement associés à la MP puisqu’aucune association significative n’a été retrouvée par plusieurs études. Au total, "les résultats des études épidémiologiques semblent plus consistants pour les insecticides que pour les herbicides et fongicides mais des études complémentaires sont encore nécessaires pour mieux comprendre le rôle des nombreux types de pesticides".
L’évaluation de l’exposition non professionnelle aux pesticides est difficile et peu d’études ont pu évaluer s’il existe un lien entre ce type d’exposition et la MP. De même, aucune étude n’a étudié la relation entre l’exposition alimentaire aux résidus de pesticides et la MP.
(publié le 8 février 2012)