Pier Luigi Viola et le Chlorure de vinyle : plusieurs notes jamais publiées.

Pier Luigi Viola e il cloruro di vinile : alcuni appunti mai pubblicati C Zocchetti, P Bonetti La Medicina del Lavoro, 2010, vol 101, n°4, pages 303-313. Bibliographie.

Le nom et les activités de Pier Luigi Viola (1917-1985) sont liés de manière non équivoque à l’histoire de la découverte des effets toxiques du chlorure de vinyle et en particulier des effets cancérogènes de cette substance. Ses activités en question, dans la mesure où nous nous trouvons dépourvus tant d’une biographie que d’une bibliographie complètes le concernant, ne laissent aucun doute car elles sont documentées par des faits connus et irrévocables. Ainsi de façon certaine et documentée, nous connaissons son histoire de médecin du travail qui a passé toute sa vie professionnelle au sein du même groupe industriel, Solvay, en se préoccupant d’une part de la santé des travailleurs employés dans les usines du groupe (et pas seulement en Italie) et, d’autre part, en organisant le service de médecine du travail dans tous les établissements italiens du même groupe. Cette alliance positive entre médecin et scientifique a été récemment mise en discussion par plusieurs reconstructions historiques qui ont eu pour objet la découverte de la cancérogénicité du chlorure de vinyle monomère : en particulier des bruits ont couru donnant une image de Viola que les auteurs ne trouvent pas correspondre à des données factuelles, une image complexe et problématique, mais surtout en conflit continuel avec son employeur. Les points cruciaux en soutien à cette thèse seraient d’une part l’affirmation de Viola en 1980 selon laquelle " à la base de toute découverte il y a souvent l’imagination poétique de chaque chercheur qui est toujours seul devant les difficultés de la recherche qui s’opposent à lui en se présentant comme une muraille qui arrive jusqu’au ciel", et d’autre part l’impossibilité de retrouver les notes du Professeur de Rossignano qui constitueraient son testament spirituel et d’où émergeraient "le travail, les tourments et les pressions de cette première période". L’histoire est au contraire toute autre : les notes existent en réalité ; elles ont été consignées par l’épouse de Viola (peu de mois après le décès du professeur) à un des auteurs (P. Bonneti) ; et elles constituent les premières pages d’un livre sur le chlorure de vinyle qui en réalité est resté dans la tête de Viola. Dans ces premières pages, Viola développe une réflexion personnelle d’où émerge avec clarté la conscience qu’il avait de s’être trouvé au centre d’un évènement extraordinaire relatif à la recherche scientifique dans laquelle il avait tenu le rôle de l’acteur principal : il n’y a au contraire aucune référence à l’existence d’un éventuel conflit ou opposition entre Viola et son employeur. En réalité, le fond de ce récit est la dynamique typique de la recherche scientifique.

Après cette introduction, les pages manuscrites de la main de Viola sont publiées fournissant ainsi la solution au "mystère des notes disparues" réclamé dans un éventuel contexte judiciaire.

(publié le 6 juin 2011)