Prévention des cancers
Un chantier au long cours

V. Leblanc Entreprise et Carrières, 2010, n°987, p.20-23
Au cours de leur activité professionnelle, 13,5% des salariés sont exposés à un ou plusieurs risques cancérogènes, soit 2,3 millions de personnes dont 70% sont des ouvriers. L’InVS (Institut de veille sanitaire) estime entre 11 000 et 23 000 le nombre de nouveaux cas de cancers professionnels par an mais la sous-déclaration demeure très importante.
Le deuxième plan santé au travail (2010-2014) inclut parmi ses priorités, la prévention des cancers professionnels.
La première action de prévention consiste à substituer les produits CMR par un produit ou un procédé sans danger ou moins dangereux, lorsque cela est techniquement possible ; le site de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement) propose pour 24 substances CMR des produits ou techniques de remplacement : www.substitution-cmr.fr. L’obstacle financier peut être levé par l’intermédiaire de contrats de prévention conclus avec les Cram.
Les branches professionnelles sont invitées à inciter leurs adhérents à maitriser la prévention de ce risque CMR. L’INRS (Institut national de recherche et de sécurité) propose la formation de correspondants régionaux des syndicats patronaux et de salariés à l’évaluation des risques chimiques et cancérogènes.
Les problèmes majeurs restent la méconnaissance des dangers notamment pour les activités de maintenance ou de nettoyage et la mauvaise application de la réglementation (en effet, peu d’employeurs remplissent la fiche individuelle d’exposition au risque). Une campagne d’inspection menée en 2006 avait révélé que seuls 40% des établissements utilisant des agents CMR avaient évalué le risque.
Si les progrès ont été réalisés, ils ne sont pas homogènes ; certaines grosses entreprises se sont déchargées des tâches les plus exposantes, les délégant à de petites entreprises. disposant de moins de moyens pour la prévention des risques professionnels.
(publié le 29 avril 2010)