Risque chimique : plus présent que jamais !

PIC, Protection Individuelle et collective, 2009, n°55, p.18-25

L’exposition aux produits chimiques est importante en milieu professionnel : 38 % des salariés selon l’enquête SUMER 2003, soit 7 millions de personnes. Il y a différentes manières d’être exposé au risque chimique : par inhalation, par contact cutané ou par ingestion. L’inhalation est semble-t-il le mode d’exposition professionnelle le plus courant, suivi par le contact cutané. Il convient dès lors de ne pas négliger l’hygiène. La santé peut être altérée : manifestations brutales (asthme, convulsions) ou plus discrètes (perturbations de la mémoire et de l’humeur, effets sur le foie). Certains effets sont dit à seuil (ils nécessitent pour se produire une certaine dose d’exposition) et d’autres se produisent quelle que soit l’importance de l’exposition. Si les accidents graves sont relativement rares dans le secteur de la chimie (moins de 1 % des accidents du travail en 2006), il n’en est pas de même des maladies dont le nombre est significatif : « 30 % des maladies professionnelles reconnues annuellement en Europe seraient en lien avec l’exposition à des produits chimiques », notamment asthmes, allergies, cancers. La démarche de prévention repose sur l’évaluation des risques, la suppression ou la réduction des risques, l’information et la formation des salariés. En complément des protections collectives, il faut prévoir les EPI (équipements de protection individuelle). Les dangers résident dans les produits à risque mal étiquetés et les fiches de données de sécurité souvent incomplètes (notamment en ce qui concerne les risques de la reproduction et les produits cancérogènes), conduisant à des médecins du travail mal informés et des salariés mal protégés. Un nouveau système de classification et d’étiquetage (SGH)* a été développé sous l’égide des Nations Unies afin d’harmoniser les systèmes existants dans l’objectif de « garantir à tous la même information claire et accessible sur les dangers physiques, la toxicité et l’écotoxicité des produits chimiques ». Les pictogrammes prescrits par le SGH ont la forme d’un losange et « comportent un symbole en noir sur fond blanc dans un cadre rouge suffisamment épais pour être clairement visible ». Les symboles actuels noirs sur fond jaune-orangé vont petit à petit disparaître. Ce SGH est un ensemble de recommandations internationales mais il n’a pas de caractère obligatoire sauf pour les pays qui l’ont adopté.

* SGH : Système Général Harmonisé pour la classification et l’étiquetage des produits chimiques

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(publié le 29 avril 2009)