Surveillance biologique de l’exposition aux hydrocarbures aromatiques polycycliques dans un groupe d’asphalteurs

Monitoraggio biologico dell’esposizione ad idrocarburi policiclici aromatici in un gruppo di asfaltatori S Garattini, M Sarnico, A. Benvenuti, PG Barbieri La Medicina del Lavoro, 2010, vol. 101, n°2, pages 110-117. Bibliographie.

L’intérêt s’est porté sur l’évaluation de la cancérogénicité potentielle des fumées de bitume chez les travailleurs de l’asphalte depuis les années 1960. Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé les fumées de bitume d’origine pétrolière comme des cancérogènes possibles pour l’homme, alors que les fumées de goudron de charbon ont été classées comme des cancérogènes certains pour l’homme. L’exposition professionnelle/environnementale aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) peut être mesurée par plusieurs marqueurs urinaires. Le 1-hydroxypyrène (1-OHP) urinaire est devenu le marqueur biologique le plus communément utilisé pour l’exposition aux HAP chez les travailleurs de l’asphalte.

Le but de cette enquête italienne était d’évaluer les niveaux d’exposition des travailleurs de l’asphalte en dosant l’excrétion urinaire du 1-OHP et de comparer ces données avec celles de sujets non exposés professionnellement. Les auteurs ont étudié trois groupes de travailleurs de l’asphalte : 100 à l’été 2007, 29 à l’hiver 2007, et 148 au cours de l’été 2008 et ont comparé les concentrations urinaires de 1-OHP au moyen du test de Kruskall-Wallis. Les médianes des concentrations urinaires de 1-OHP au cours des trois périodes d’échantillonnages de surveillance étaient respectivement de 0.65 ; 0.17 et 0.53 ug/g de créatinine. Il y avait une différence significative dans les valeurs de 1-OHP entre les trois groupes (P< 0.001).

En conclusion, cette enquête a montré que l’exposition aux HAP des travailleurs de l’asphalte est plus élevée que celle observée dans la population générale et chez les travailleurs des zones urbaines. Les résultats suggèrent que l’exposition aux HAP dans les trois groupes étudiés n’est pas suffisamment gardée sous contrôle par l’utilisation d’équipement de protection individuelle et que la surveillance biologique est utile pour évaluer l’exposition aux HAP et apprécier le risque. Les réglementations doivent être renforcées pour les travailleurs exposés au risque de cancer, notamment par un registre des travailleurs exposés aux cancérogènes.

(publié le 19 janvier 2011)