Surveillance biologique des expositions à des produits chimiques, environnementale et professionnelle

F. Pillière Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 2014, vol.9, n°2, 16-001-J-30, 7 pages. Bibliographie
La surveillance biologique des expositions (SBE) à des produits chimiques permet l’évaluation de la dose interne de polluants ayant pénétré dans l’organisme et de l’imprégnation effective de la population. Dans le contexte professionnel, elle fait partie intégrante de la démarche d’évaluation du risque chimique et sa mise en œuvre est du ressort du médecin du travail.
Elle a de nombreux avantages car elle intègre toutes les voies d’absorption du toxique, prend en compte les conditions réelles d’exposition et toutes les sources qu’elles soient professionnelles ou extraprofessionnelles, permet d’évaluer des expositions anciennes et prend en compte les caractéristiques individuelles des expositions et celles des individus exposés.
Mais elle a ses limites : sa mise en place nécessite de choisir l’indicateur biologique le plus pertinent, le moment et le lieu de prélèvement les plus adaptés, les modalités de prélèvement et les conditions de conservation et de transport des échantillons jusqu’au laboratoire compétent. Outre la nécessité d’une méthodologie rigoureuse, elle suppose une interprétation individuelle et collective des résultats en vue de leur restitution qui doit tenir compte d’un ensemble de paramètres.
En France, les valeurs limites biologiques sont proposées par le comité d’experts spécialisés-valeurs limites d’exposition professionnelle de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). En Europe et aux États-Unis, plusieurs organismes élaborent des valeurs de référence depuis de nombreuses années.
Le médecin souhaitant mettre en place une SBE dispose d’outils, dont la base de données Biotox ou d’autres bases ou guides disponibles sur Internet.
La SBE participe à la traçabilité des expositions tant professionnelles qu’environnementales et est toute à fait essentielle à la prévention du risque cancérogène.
(publié le 25 septembre 2014)